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Le retour du psychédélisme

Sinner dc, le goût des contrastes. SP

Le trio genevois Sinner dc sort un troisième album, intitulé «Ursa Major». Vous pouvez ressortir vos baguettes d'encens: il est à nouveau temps de planer!

Sinner dc s’est constitué en 1993, à Genève. Guitare, basse, batterie, dans le cadre de la formule aussi basique que miraculeuse du rock n’roll, le trio s’adonnait à une pop musclée, saturée et «noisy», comme en témoigne son premier disque, «dog vs baby-sitter» (96). Le deuxième, «Panoramic» (98), servit de charnière: «Il y avait déjà des incursions électroniques, des samples: c’était les prémices», explique Manuel, chanteur et guitariste.

Suprise avec «Ursa Major»: le calme est au rendez-vous. Avec l’arrivée de Michel, nouveau batteur, Julien et Manuel ont décidé de ne plus jouer leurs anciens morceaux, et de constituer un répertoire flambant neuf. Spontanément, sans réelle concertation semble-t-il, Sinner dc s’est alors orienté vers une ligne musicale différente.

Samplings. Loops de batterie, parfois lourds et obsédants. Sinner dc a utilisé les outils de la modernité. Du trip-hop? Pas vraiment. On songe un peu aux Young Gods, quand ceux-ci ne s’énervent pas trop. Et beaucoup au Pink Floyd des débuts, osons le dire.

Car les armes du groupe planant par excellence sont également là. Orgue typé Hammond, slide guitar hallucinée, bruitisme psychédélique sur lesquels viennent se caler des mélodies fluides. Les chuchotements de Manuel, noyés de reverb, semblent lointains, noyés dans l’espace. Espace auquel fait également référence la pochette de l’album, et son titre latin. Et nous reviennent alors, extirpés de la fin des sixties et du début des seventies, «Astronomy Domine» ou «Obscured by Clouds»…

«Si on écoute la musique électronique actuelle, on peut penser qu’elle est sortie de nulle part, mais elle a aussi une histoire… Nous sommes conscients de nos contemporains, et aussi d’où vient la musique. Pink Floyd, on ne les écoute pas, mais c’est vrai qu’il doit y avoir une filiation» constate Manuel.

«Ursa Major», bien conçu, bien interprété, jouant à la fois de la modernité et du passé, est reçu favorablement par la presse spécialisée, et grimpe gentiment dans les classements des radios rock, notamment en France. Belle surprise pour les jeunes fans des trois Genevois, comme pour les quadragénaires nostalgiques: il y a encore dix ans, faire référence à Pink Floyd auprès d’un groupe branché vous aurait immanquablement valu un oeil au beurre noir.

Bernard Léchot

«Ursa major» de Sinner dc est produit par le label français Spirit.

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