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Le salon du livre, «sismographe culturel»

Pierre-Marcel Favre, patron du salon, devant le stand de swissinfo lors de l’édition 2000. swissinfo.ch

15e Salon International du Livre, de la Presse et du Multimédia de Genève... Du Multimédia? Aujourd'hui, le mot n'effraie plus.

«Il y a beaucoup de salons du livre en francophonie, mais celui-ci bénéficie d’un important bouche à oreille… dû aux écrivains eux-mêmes», constatait le journaliste et écrivain français Pierre Assouline, invité à la conférence de presse donnée mardi par les organisateurs.

Un compliment qui sera allé droit au cœur de Pierre-Marcel Favre, fondateur et président de la manifestation, qui, de son côté, anticipait les habituelles critiques en réaffirmant que «l’écrit reste et restera toujours la colonne vertébrale» de la manifestation.

Pourtant, le salon a bel et bien changé de générique: sur l’affiche, le Multimédia côtoie fièrement le Livre et la Presse. Il est déjà loin le temps où l’informatique se limitait à un petit espace, au fond de Palexpo… En quelques années, le multimédia a acquis ses lettres de noblesse, et la question de savoir s’il est un concurrent au livre ou non est vite balayée.

«Le livre est extrêmement vivant, tout va très bien de ce côté-là. Le livre continue d’avoir un immense succès et même, il n’en a jamais eu autant», affirme Pierre-Marcel Favre.

Pierre Assouline, qui vient d’obtenir le Prix des libraires pour son roman «Double vie» (Gallimard), abonde dans son sens: «Un salon du livre est un excellent sismographe de l’air du temps culturel. Et si on hume l’air du temps, on constate que le livre est l’avenir de la culture. Je n’aurais pas dit ça il y a trois quatre ans». Et de constater que le multimédia est beaucoup plus un complément qu’un concurrent. De la même façon que le théâtre n’a pas été tué par le cinéma, qui lui-même n’a pas été tué par la télévision.

«Plus le multimédia va se développer, plus il y aura de canaux de télévision, plus il faudra de matière pour remplir les tuyaux. Et qui s’en occupera? Les scénaristes, inspirés par les écrivains.» Et Assouline cite alors «Hannibal», «Le Pacte des Loups», «Chez les heureux du monde», «Intimité» ou «Rastignac», tous films ou téléfilms inspirés de romans.

De façon plus générale, «l’Internet consiste quand même à lire sur un écran. Et quand on «chat», on écrit, même si c’est un nouveau langage», constate Pierre Assouline. C’est indéniable. De là à voir dans les dialogues qui inondent le Net une stimulation littéraire pour le surfer de base…

Quoi qu’il en soit… keski parle bien, lécrivain. & keskon va samuser au salon. @+

Bernard Léchot : )

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