Le Tessin joue les premiers de classe
Le Tessin sera le premier canton suisse à introduire le portfolio européen des langues dans l'enseignement obligatoire. Dès la rentrée, ce nouvel outil d'apprentissage et d'évaluation des connaissances linguistiques sera mis à la disposition des élèves des écoles professionnelles.
«Nous représentons une minorité en Suisse», souligne Gabriele Gendotti, conseiller d’Etat tessinois en charge de Département de l’instruction et de la culture. A ce titre, plus que pour toute autre région linguistique, notre avenir économique passe par une bonne connaissance des langues. Nous devons donc tout faire pour favoriser leur enseignement.»
Fort de ce constat, le Tessin introduira le portfolio européen des langues dans le cadre de la formation professionnelle. «Mais à terme, précise Gabriele Gendotti, nous avons l’intention d’élargir son utilisation à l’ensemble de l’enseignement linguistique pratiqué dans le canton.»
Cette stratégie des petits pas permettra notamment d’expérimenter le portfolio dans un cadre restreint. En effet, au Tessin, comme dans le reste de la Suisse, l’apprentissage des langues étrangères ne concerne pas l’ensemble de la formation professionnelle.
Au Tessin, seuls 50 % des élèves ont des cours de langues inscrits à leur programme. Dès le mois de septembre, ils seront donc plus de 4000 à se retrouver avec un portfolio en main. Et, avec l’aide des enseignants, ils devront apprendre en saisir tous les avantages et toutes les subtilités.
«Le portfolio permet de radiographier les compétences linguistiques d’une personne tout au long de son existence, affirme Norberto Lafferma, coordinateur pour la maturité professionnelle au Tessin. Il a l’avantage de valoriser l’apprentissage scolaire autant que les expériences menées sur le terrain.»
L’instrument est particulièrement intéressant pour les élèves de la filière professionnelle. En effet, les apprentissages ou les stages effectués à l’extérieur du canton seront doublement rentabilisés. Au même titre qu’un diplôme ou qu’un examen linguistique, ils pourront ainsi être inscrits dans le portfolio de l’élève.
Pour les apprentis d’origine étrangère, la langue maternelle pouvait constituer parfois un handicap. Désormais, elle deviendra un atout.
Le portfolio européen des langues ne se contentera pas de mesurer le savoir scolaire de l’élève. Il comptabilisera l’ensemble de ses spécificités et de ses connaissances personnelles. «Une approche d’autant plus importante, souligne Norberto Lafferma, que, les élèves de la filière professionnelle ont parfois des difficultés à prendre conscience de leur valeur.»
Trait d’union entre l’univers scolaire et le monde extérieur, le portfolio doit également permettre à l’élève de faire le bilan de ses compétences et de planifier son apprentissage linguistique. Pour ce faire, il aura besoin de l’aide active du corps enseignant.
«Les professeurs doivent surtout se familiariser avec la grille d’évaluation proposée par le portfolio, explique Norberto Lafferma. Dans un premier temps, il n’y aura pas de véritable changement au niveau de l’enseignement des langues.»
Les élèves continueront donc d’être notés comme d’habitude. Dans le même temps, ils pourront également mesurer leur réel savoir linguistique à l’aide de normes internationalement reconnues.
Cette méthode devrait également permettre aux employeurs, d’ici et d’ailleurs, de mieux apprécier la valeur des élèves et la qualité de leurs connaissances.
Vanda Janka
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