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«Les Contes d’Hoffmann», un poème agnostique

Le metteur en scène français Olivier Py. www.theatre-contemporain.net

L'opéra d'Offenbach est créé au Grand Théâtre de Genève par le Français Olivier Py. Rencontre avec un metteur en scène mystique et joyeux

Croire en soi et aspirer à n’être rien. C’est de cette ambiguïté que vit et se nourrit Olivier Py (36 ans), metteur en scène, comédien et auteur français qui créera le 14 décembre au Grand Théâtre de Genève «Les Contes d’Hoffmann», de Jacques Offenbach.

Un spectacle imprégné de la vision poétique, catholique, révoltée, festive et mystique du metteur en scène qui projette dans cet opéra fantasmagorique sa casuistique de raisonneur et son imagination d’artiste, haute en couleurs.

Quête d’amour et d’absolu

Ceux qui connaissent les pièces de théâtre d’Olivier Py («La Servante», «Le visage d’Orphée», «L’Apocalypse joyeuse»…) retrouveront dans son spectacle la quête d’amour et d’absolu, toujours rêvée. Le rêve étant pour ce créateur talentueux la plus belle forme de lucidité.

Les thématiques d’Offenbach et d’Hoffmann (ce dernier, protagoniste et narrateur du récit, était dans la réalité écrivain et compositeur) recoupent celles du metteur en scène.

Que racontent donc ces «Contes»? L’histoire d’un homme amoureux de Stella, chanteuse impénétrable, mais rendue accessible par la seule force de l’imaginaire qui la démultiplie en la projetant dans trois femmes: Olympia, «la poupée mécanique», Antonia, «la cantatrice qui meurt de chanter» et Giulietta, «la courtisane voleuse de reflets». Il n’en fallait pas plus pour qu’Olivier Py s’intéresse à cette fable qu’il qualifie de «poème agnostique».

Champagne et sexe

«Offenbach représente pour moi, explique le metteur en scène, une sorte de saint inversé, dans la mesure où il croit ardemment en l’absence de Dieu. Cette absence, il la comble avec le chant; autrement dit avec la fête, laquelle s’incarne dans le champagne et le sexe.»

Et d’ajouter: «en cela, il annonce notre époque qui a su faire de la sexualité une religion d’Etat. Je ne suis pas un moraliste. Mais je constate que, dans notre société, on place le sacré dans les pratiques sexuelles uniquement et on oublie qu’il se situe aussi dans la contemplation de l’être et la transcendance du moi.»

Pour lire le présent à la lumière du passé, Olivier Py convoque sur le plateau un symbole important: l’électricité. Celle-ci est née à l’époque où furent créés «Les Contes d’Hoffmann» (1881). Ampoules à nu, jeux d’ombres et de reflets… Toute une expression scénique qui lie notre monde à celui du Second Empire pour une vertigineuse traversée des apparences.

Ghania Adamo

«Les Contes d’Hoffmann», à Genève, Grand Théâtre; du 14 décembre au 4 janvier. Tel: 022/418 31 30

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