Lolita en or massif
Mercredi soir, au Hallenstadion de Zurich, Britney Spears devrait conquérir sans problème son très jeune public helvétique. Ici comme ailleurs, l´Américaine de 19 printemps fait des ravages.
La Lolita de Nabokov relevait d’un fantasme résolument masculin. Le malheureux Humbert Humbert, cœur meurtri et cerveau en compote, ne nous contredira pas. Les choses ne sont pas aussi claires avec Britney Jean Spears, née le 2 décembre 1981 à Kentwood, en Louisiane, dont le gros du public est, semble-t-il, essentiellement féminin.
Pourtant, depuis le look de jeune fille sage qu’elle affichait sur son premier album, «…baby one more time», paru en 99, la tenue de Britney s’est -légèrement- aiguisée: ainsi, décolleté et nombril prennent l’air dès son deuxième opus, «oops! I did it again», paru ce printemps.
Un disque qui, en Suisse, s’est déjà vendu au score très respectable de 100 000 exemplaires! A noter que le cinquième titre de cet album, «Don’t Let Me Be The Last To Know», a d’ailleurs été enregistré en terre romande, dans le studio du légendaire producteur canadien Mutt Lange, qui collabora notamment avec Def Leppard, AC/DC, Foreigner, Brian Adams, ou, dans un registre moins musclé, sa compagne Shania Twain.
Pour en revenir aux chiffres, depuis le 12 janvier 99, date de la publication de son premier CD, la douce Britney aurait déjà vendu 20 millions d’albums et 10 millions de singles. De quoi réjouir sa maison de disque, le label indépendant Zomba Recording Company, et faire la nique aux cinq «majors» qui se partagent le monde de la musique.
Mignonne plutôt que jolie, sexy sans être choquante, son physique de gentille caissière lui permet donc de ratisser large, filles et garçons réunis: à la fois sex-symbol par défaut et objet d’identification. Ratisser large, c’est également ce que fait sa musique, variété aussi efficace qu’atemporelle, perçue pourtant par son public comme terriblement «dans le coup».
Sa reprise de l’hymne stonien «Satisfaction» annonce-t-elle des lendemains un peu moins sages? Peut-être une ébauche de réponse mercredi soir au Hallenstadion de Zurich, lors de l’étape helvétique de cette tournée européenne entamée le 10 octobre dernier à Londres.
Bernard Léchot
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