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Quelque part entre la Suisse et l’Italie

Le Tessin, un pont entre la Suisse et l'Italie. swissinfo.ch

Les sons, les goûts, les gestes. L'atmosphère est clairement italienne. La culture aussi. Et pourtant, même s'ils tournent constamment leur regard vers la Lombardie, le coeur des Tessinois bat pour la Suisse.

«Quand on suit un match de l’équipe d’Italie, en football, on tient pour ses adversaires!» Cette phrase lâchée dans un café de Lugano résume le paradoxe tessinois. «L’identité nomade», dit Christian Marazzi, économiste et sociologue.

Tout en eux respire l’Italie. Les mains qui s’envolent, la langue, la culture, l’histoire et la cuisine bien sûr. Mais c’est aussi Berne qui a poussé le Tessin dans les bras de sa voisine, la Lombardie. Par une accumulation de déceptions, comme le Gothard ou le projet d’exposition nationale.

D’un côté, la Suisse alémanique adopte une attitude paternaliste face à cette minorité. «Ce petit triangle sympathique au sud des Alpes», ajoute, ironique, Remigio Ratti, auteur de plusieurs ouvrages sur la question identitaire. Certains parlent aussi de la colonie (de vacances) des Alémaniques.

Et la Suisse romande, elle, est souvent indifférente au sort de sa petite sœur. Trop occupée par sa propre situation de minorité. D’ailleurs, au Tessin, la solidarité latine est de plus en plus perçue comme un mythe. «Un rêve romantique», selon Ricco Maggi, directeur de l’Institut de recherche économique, à Lugano.

Finalement, c’est surtout par opportunisme que la Suisse italienne a porté son regard vers la Lombardie. Pour des questions économiques plus qu’identitaires. Parce que le cœur des Tessinois, lui, est suisse. «Sans hésitation», lance Remigio Ratti.

Pour le directeur de la Télévision Suisse Italienne et candidat malheureux au Conseil fédéral, «le problème est de savoir comment être suisse. On peut voir le Tessin comme une minorité. Le 5% de la population.»

Remigio Ratti préfère parler de «troisième Suisse». Là il n’est plus question de pourcentage de population, mais d’une région à part entière qui apporte quelque chose à la construction du pays. Par exemple en jouant le rôle de pont entre le Nord et le Sud.

Pour cela, il faut considérer la frontière comme une zone de contact et pas comme un mur. Le problème, c’est que pour beaucoup de Tessinois, l’Italie représente une menace. Notamment par son instabilité politique ou ses frontaliers qui font chuter les salaires.

D’où le «no» aux accords bilatéraux et, le week-end dernier encore, à l’initiative «Oui à l’Europe». Le journaliste Silvano Toppi parle d’une relation d’amour-haine avec l’Italie, que le Tessin considère tantôt comme partenaire, tantôt comme rivale.

Alexandra Richard, Lugano

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