Un Suisse à la tête de l’Académie des arts de Berlin
L'écrivain iconoclaste suisse Adolf Muschg a succédé samedi au Hongrois György Konrad à la tête de la prestigieuse Académie des arts de Berlin.
Il est le deuxième non-Allemand à présider aux destinées de l’Académie, fondée il y a 300 ans.
Samedi, les membres de l’Académie ont choisi l’écrivain suisse, âgé de près de 69 ans, pour succéder à l’écrivain hongrois György Konrad (70 ans), qui ne se représentait pas. Elu en 1997, ce dernier était le premier non-Allemand à présider la vénérable institution.
Redouté pour son esprit critique, notamment vis-à-vis de la société suisse, sympathisant du mouvement estudiantin européen de 1968, Adolf Muschg a derrière lui une importante oeuvre. Elle est composée tant de romans, récits, essais, pièces de théâtre et radiophoniques que de scénarios de films.
Un écrivain qui fait grincer certains
Titulaire du plus important prix littéraire allemand, le Prix Georg-Büchner (1994), il avait fait grincer des dents en 1997 avec la publication de son essai intitulé «Quand Auschwitz est en Suisse»: cinq discours d’un Suisse à sa nation qui n’en est pas une.
Fidèle à lui-même, l’écrivain zurichois a déclaré samedi à la presse: «Nous devons être prêts à affronter des conflits. Sans provocation, rien n’avance», sans préciser quel secteur artistique (architecture, médias ou autres) il privilégierait dans son action.
Au cours de la cérémonie, les membres de l’Académie, notamment le Prix Nobel de littérature Günter Grass, les écrivains Christa Wolf et Christoph Hein, le cinéaste Volker Schlöndorff, ont fait le point de l’état d’avancement des travaux du futur nouveau siège de l’Académie des arts.
Situé Pariser Platz, à la Porte de Brandebourg, lieu-symbole de Berlin, l’édifice doit être inauguré au printemps 2004. D’un coût estimé de 40 millions d’euros, il a été conçu par l’architecte allemand Günter Behnisch.
Une vénérable institution
Adolf Musch est membre de l’Académie depuis 1976. Celle-ci avait été fondée dès 1696 par Frédéric III de Brandenbourg. Pendant le national-socialisme, elle a été mise au pas par les nazis, qui forcèrent 40 académiciens à démissionner.
Au début des années 50, l’Académie a été réactivée de part et d’autre du Mur de Berlin, avant de fusionner en 1992 et de retrouver son aura.
swissinfo et les agences
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