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Un terminus nommé Désir

Le chanteur Bertrand Cantat est tout habillé de noir. Comme ses acolytes du groupe Noir Désir. swissinfo.ch

Le groupe de rock français, Noir Désir, a donné dimanche le dernier grand concert du Paléo. Un spectacle qui a mis du temps à s'imposer pleinement

C’est évidemment tout habillés de noir que Bertrand Cantat et ses acolytes débarquent sur la Grande Scène de Nyon. Enfin, pas tout à fait…Un pull rouge égaye la scène.

Derrière le groupe, encore un fonds noir, dans un premier temps du moins, parcouru par quelques traînées de lumière grise. De quoi faire oublier l’overdose de couleurs que vient d’offrir le traditionnel feu d’artifice de la dernière soirée du festival.

Voilà pour le décor. Côté musique, le groupe revisite habillement plusieurs de ses vieux tubes – «One trip, one noise», «Les écorchés», «L’homme pressé»… Alors qu’il interprète plus fidèlement quelques-unes des chansons de son dernier album – «Le grand incendie», «Bouquet de nerfs», «Le vent nous portera»… Sans oublier, finalement, plusieurs emprunts.

Comme un malaise

Mais la formule ne prend pas immédiatement. Sur scène, Bertrand Cantat ne s’adresse pas tout de suite à son public. Et si les spectateurs se mettent rapidement à danser ou à taper dans les mains, ils n’y sont pas vraiment encouragés.

Bref, il y a comme une sorte de malaise difficilement explicable. Comme si le groupe n’était pas totalement là, avec ses milliers de spectateurs. Comme si les choses n’étaient pas assez naturelles. Comme si les parties instrumentales tombaient à plat entre deux paroles chantées.

«Il paraît que la blanche colombe a 300 tonnes de plombs dans l’aile. Il paraît qu’il faut s’habituer à des printemps sans hirondelles.» La tension est aussi dans les paroles que Bertrand Cantat égrainent d’une voix mélancolique. Lorsque les guitares se font plus calmes, comme c’est le cas dans le dernier album du groupe, les textes se livrent plus facilement. Et c’est beau…

Dans ce registre, l’émotion est à son comble lorsque Bertrand Cantat entame «Des Armes», tiré d’un texte de Léo Ferré. «Merci pour l’intimité», conclut le chanteur. Une remarque qui tranche avec le drapeau que l’on peut voir dans le public. Et sur lequel il est écrit: «je t’aime. Veux-tu m’épouser?»

La lune voilée par la poussière

Mais le public semble malgré tout préférer le déchaînement des guitares. Qui gardent une grande place dans le concert. Ne serait-ce que pour redécouvrir de vieilles mélodies.

Ainsi, lorsque le groupe joue les premières notes de Tostaky, le malaise ressenti en première partie du spectacle est définitivement, totalement oublié. Aux premiers rangs, les fans piétinent le sol autant qu’ils le peuvent. Un nuage de poussière voile la lune, les yeux piquent et le souffle se fait plus difficile.

Quelques rappels plus tard, le groupe finit par saluer. Cette fois, on sent les Bordelais bel et bien là. Et c’est avec le désir de les écouter encore un peu que le spectateur quitte à regret le terrain de l’Asse…

swissinfo/Caroline Zuercher

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