Une comédie musicale version rap
Danseurs, costumes, lumières... MC Solaar a clos la première soirée du Paléo festival, à Nyon, avec un concert clinquant, rutilant. Et populaire.
Claude MC apparaît dans une cape, installé sur un piédestal au milieu de la scène. Puis les danseurs font leur apparition. On se croirait débarqués dans le film Matrix. Première ambiance pour les premières minutes du concert donné mardi soir par le plus célèbre des rappeurs français.
Les chansons se suivent et avec elles, les costumes. Des chapeaux pour «Nouveau Western», un habit africain traditionnel pour «Les colonies», une tenue du parfait rappeur et bien d’autres encore.
Les danseurs, eux aussi, jouent aux caméléons. Agiles, ils miment les scènes, se font cow-boys sur leurs chevaux, personnages inquiétants rampants au sol, ou encore les femmes s’essaient à des danses plus lascives.
La chorégraphie est parfaitement synchronisée, et les morceaux se terminent même dans des poses de groupe figées.
Feu d’artifice visuel
MC Solaar est réputé pour offrir des spectacles hauts en couleurs. Une fois encore, sa prestation, très professionnelle, est un feu d’artifice visuel. Plus encore qu’à un concert, le public a droit à une comédie musicale. Tout est léché. Jusqu’à l’excès.
Et jusqu’à la contradiction. L’esthétique un brin kitsch ne colle pas avec le style rap venu de la banlieue. Et dont le discours de MC Solaar se fait parfois l’écho, lorsqu’il n’épingle pas la puissance de l’argent.
La critique n’est pas nouvelle, mais finalement, pourquoi ne pas chambouler les genres en proposant un rap plus familial? Parents, enfants, adolescents et retraités se mélangent en effet avec plaisir. Les vrais rappeurs, eux, semblent avoir déserté les lieux.
Qu’à cela ne tienne, le chanteur français et son DJ haranguent la foule. L’euphorie n’est certes pas au rendez-vous, mais les épaules se mettent à bouger. Et même les mains les plus ridées se lèvent.
Gare à l’indigestion!
L’ambiance prend avec «Hasta La Vista», puis «La La La, La». Vente oblige, le rappeur puise essentiellement dans le répertoire de son dernier CD, «Cinquième as». Avec quelques détours par des plus vieux tubes. En particulier ceux qui lui ont valu, il y a plus de dix ans, une rapide notoriété.
Malheureusement, l’indigestion d’images guette. Et avec elles, l’ennui… Les mots finissent par disparaître sans vraiment laisser de traces et, face à la Grande Scène, les rangs semblent se clairsemer.
On en perdrait presque le sourire. Mais à la fin de la soirée, au milieu de la foule, un cinquantenaire s’exclame: «arrête, c’était vraiment bien. C’est la première fois que je danse ainsi dans un concert.» C’est déjà beaucoup.
swissinfo/Caroline Zuercher à Nyon
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