Dépénalisation de l’homosexualité: avancée sans résolution à l’ONU
La défense des droits des homosexuels a connu une avancée au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève, même si un projet de résolution n'a finalement pas été mis au vote. Première, une déclaration de plus de 50 Etats, dont la Suisse, a été prononcée mercredi.
(Keystone-ATS) «C’est historique», a affirmé à Keystone-ATS une source diplomatique française, dont le pays a été à la manoeuvre avec l’Albanie. Il y a trois ans encore, le soutien pour une déclaration conjointe était impossible. «Depuis le départ, nous avions deux possibilités, celle-là et un projet de résolution», selon la source diplomatique.
«Nous nous sommes rendus compte que la déclaration serait plus consensuelle et attirerait plus de soutien», dit-elle. Même si la liste des signataires laisse penser que le recours à éventuel vote pour un projet de résolution aurait été couronné de succès.
«Je pense que c’était la bonne solution», a dit la source diplomatique qui parle malgré tout d’un «grand succès» et d’une «première étape». Une résolution approuvée par le Conseil aurait eu du poids. Mais la volonté était «de ne pas heurter» et «de ne pas passer en force», explique la source diplomatique pour justifier la renoncation à soumettre le projet à la validation des membres de l’organe onusien.
Les responsables français vont désormais poursuivre leurs déplacements dans des pays qui pénalisent toujours les relations homosexuelles. Un nouveau projet de résolution n’est pas prévu pour le moment.
Pas de pénalisation dans deux tiers des pays
La déclaration, soutenue également par des ONG, a salué les efforts menés par certains Etats pour dépénaliser les relations entre personnes de même sexe. Au total, deux tiers des pays ne sanctionnent pas celles-ci.
La déclaration conjointe a repris également le contenu du projet de résolution qui n’a finalement pas été présenté. Le texte affirmait que la pénalisation est incompatible avec les principes internationaux des droits humains. Il relayait également une préoccupation liée à l’augmentation des violations des droits humains contre les personnes homosexuelles en raison des lois qui les sanctionnent.
Parmi celles-ci figurent des condamnations à la peine capitale, des violences sexuelles, des arrestations et des détentions arbitraires, des disparitions forcées ou encore de la torture et d’autres abus.
Le texte prévoyait également de demander aux Etats qui ne l’ont pas encore fait de revoir leurs législations. Et il souhaitait l’abrogation de celles-ci, conformément aux dispositifs prévus dans la Constitution et les lois de ces pays.