Bras de fer entre l’Allemagne et la Suisse
La Suisse et l'Allemagne n'ont toujours pas trouvé de terrain d'entente sur la réglementation des vols de l'aéroport de Zurich Kloten. Le ministre allemand des Transports Kurt Bodewig menace d'agir unilatéralement si aucun accord n'est trouvé à court terme.
Le 18 juillet à Berlin, les négociateurs n’avaient pas caché leur inquiétude. Mais ils étaient restés optimistes: les tout derniers points de l’accord faisaient l’objet d’âpres discussions, compte tenu de leur complexité.
Le représentant helvétique tentait d’obtenir un régime d’exception pour les avions qui, en cas de mauvais temps, devraient se poser à Kloten en dehors des heures autorisées. Pourquoi payer une amende à l’Allemagne s’il y a urgence, disait-il en substance. Et de souligner la méfiance de ses interlocuteurs notamment sur ce point.
De son côté, le représentant allemand précisait que son pays n’avait pas l’intention d’étrangler l’aéroport de Kloten avec des mesures trop contraignantes. Or, à l’issue des discussions qui se sont déroulées mardi à Berne, le ton s’est durci.
Le ministre allemand des Transports menace en effet d’appliquer l’ordonnance qui limite le nombre de survol à 80.000 par année et non pas à 100 000 comme convenu avec le conseiller fédéral Moritz Leuenberger en avril dernier.
Kurt Bodewig tient à préciser très diplomatiquement qu’il ne s’agit pas d’un ultimatum. Un chose est sûre: il cherche ainsi à répondre aux revendications de ses compatriotes du sud de l’Allemagne qui en ont assez de subir les nuisances de Kloten.
Pressions de l’UDC et des radicaux
De son côté, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger subit les pressions de la direction de l’aéroport zurichois, de l’Union démocratique du centre et des radicaux qui, eux, estiment que le chef des transports a fait beaucoup trop de concessions. Et le groupe radical des Chambres fédérales laisse clairement entendre qu’il pourrait refuser de ratifier l’accord si Moritz Leuenberger ne parvient pas à s’imposer.
L’accord devait entrer en vigueur le 1er septembre prochain. Mais le bras de fer continue. Les négociateurs suisses et allemands se rencontreront à nouveau le 3 septembre à Bonn.
Germaine Müller, Berlin
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