Epilogue d’une épopée nostalgique dans les Alpes
Sept alpinistes britanniques et suisses viennent de traverser les Alpes, équipés comme leurs prédécesseurs du 19e siècle. Ils sont arrivés à Interlaken après un périple de dix jours.
L’aventure a commencé le 26 août à Mörel, en Valais, par une température caniculaire. Le glacier d’Aletsch, première longue étape de cette expédition, était au menu de ce début de trekking.
La suite des évènements s’est avérée relativement facile en raison des conditions climatiques exceptionnelles. Ainsi, les ascensions de la Jungfrau et du Mönch, à plus de 4000 mètres, n’ont posé aucun problème.
Après une longue marche sur le sommet du Mönch, Alison Henry, la seule femme de l’expédition, remarquait: «Je peux voir le monde entier depuis cette hauteur». Pour l’occasion, l’alpiniste avait revêtu d’anciens habits de montagnards empruntés à son père.
L’esprit expéditionnaire d’antan
A son arrivée, Philippe Martineau, un des trois grimpeurs anglais, n’a pas caché son enchantement. Le mauvais temps de la seconde partie de l’expédition, ainsi que la pluie et la neige lourde, n’ont pas entravé la solidarité du groupe.
«L’ascension de la Jungfrau et du Mönch était très agréable», explique le grimpeur. Et d’ajouter que les «changements observés en montagne, ces 150 dernières années, m’ont plus préoccupé que l’expédition elle -même».
Par ailleurs, l’équipe s’est rendu compte de certaines difficultés liées à l’utilisation d’anciens matériels. Pour exemple, l’utilisation de «pics à glace et de bâtons» était un avantage sur la Jungfrau, mais un inconvénient sur le Mönch.
Conditions primitives
Par moment, l’expédition devait passer des jours et des nuits dans des abris de montagne «primitifs», dans des conditions météorologiques souvent hivernales.
Pour Alison Henry, les conditions de l’expédition étaient aussi variées que les sommets des montagnes traversées. Ce qui a permis de vivre des moments faciles et difficiles.
Ainsi, «du côté spartiate de l’abri du Bergli à la splendeur confortable de l’hôtel Bellevue de la Petite Scheidegg. De la glace tourmentée d’Aletch aux tranquilles scènes pastorales derrière le Faulhorn, les contrastes étaient permanents.»
L’alpiniste Les Swindin qui, depuis le début de sa carrière d’alpiniste en 1965, a grimpé tous les 4000 mètres que les Alpes peuvent offrir, est le seul membre de l’équipe à s’être blessé légèrement au visage. Comble de l’ironie, il a glissé sur le pas-de-porte gelé d’un hôtel du 19e siècle.
Digne d’un film comique
Les Swindin a été le premier à admettre que sa chute ressemblait à une scène d’un film comique. Une situation qui lui a valu les sarcasmes de ses coéquipiers.
Au-delà de cette anecdote, l’esprit de camaraderie du groupe a toujours dominé, selon Les Swindin. Grâce à leur amour commun pour la montagne.
Pour Alison Henry, l’expédition a dépassé la routine des réveils matinaux et des escalades tortueuses quotidiennes. «Ce voyage a vraiment été une découverte personnelle.»
Et de conclure: « J’ai dépassé mes limites physiques. Grâce à l’aide et aux encouragements de l’équipe, j’ai toujours trouvé la volonté de continuer. Je pense que les plus grands plaisirs ne sont pas forcément liés à la conquête des grands sommets».
swissinfo
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