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Peter Aliesch ne dirige plus la police grisonne

La présidente du Conseil d'Etat Eveline Widmer avec Peter Aliesch à l'issue de la réunion du gouvernement. Keystone

Le conseiller d'Etat grison Peter Aliesch a été suspendu d'une partie de ses fonctions mais reste en place. Le gouvernement cantonal a décidé mardi de lui retirer avec effet immédiat la police des étrangers et la police cantonale, gestion du Forum économique de Davos y compris.

Cette mesure restera en vigueur jusqu’à la fin de l’enquête pénale qui pourrait être ouverte contre Peter Aliesch, soupçonné de corruption passive en lien avec des cadeaux reçus de la part de l’homme d’affaires grec Panagiotis Papadakis. De possibles conflits d’intérêts la motivent, a expliqué la présidente du Conseil d’Etat, Eveline Widmer.

Transfert à son suppléant

Les domaines retirés à Peter Aliesch, encore responsable de la justice et des affaires sanitaires, sont désormais de la compétence de son suppléant, le conseiller d’Etat Stefan Engler. Celui-ci dirige le Département des constructions, des transports et des forêts. M. Aliesch, qui a participé à la réunion, a approuvé la décision du gouvernement, a précisé Mme Widmer.

En début de séance, Peter Aliesch a à nouveau exposé son point de vue, répétant que les présents de Panagiotis Papadakis étaient de nature personnelle et qu’ils n’étaient pas liés à ses fonctions de conseiller d’Etat, a ajouté la présidente de l’exécutif cantonal.

Session spéciale

Le Conseil d’Etat a, par ailleurs, donné son feu vert à la tenue d’une session spéciale du Grand Conseil, le 7 septembre. Le seul point à l’ordre du jour sera la levée de l’immunité du politicien, qui y est lui-même favorable. Ceci fait, l’enquête pénale devra être menée par un procureur et un juge d’instruction extraordinaires.

Le recours à deux personnes extérieures et indépendantes explique pourquoi Peter Aliesch ne s’est pas vu retirer le domaine de la justice. L’enquête devrait durer de trois mois à un an, estime Eveline Widmer.

Marge de manœuvre politique

Peter Aliesch, radical jusqu’à vendredi dernier, est aujourd’hui sans parti. Contrairement à ses pairs du gouvernement grison, son ancien parti, le PRD, ainsi que les deux autres partis gouvernementaux, exigent sa démission. La question se pose désormais de savoir s’il bénéficie encore d’une marge de manœuvre politique.

La réponse devrait intervenir au plus tard lors de la session d’octobre du Grand Conseil. Il devra défendre à cette occasion des projets en relation avec la réduction pour les camions de l’impôt cantonal sur les véhicules à moteur et avec une initiative pour la diminution des primes d’assurance maladie.

Malgré les pressions, Peter Aliesch ne veut pas démissionner. Il a indiqué vendredi qu’il comptait terminer son mandat, qui court jusqu’à la fin 2002, «de toute ses forces et de toute son énergie».

Il peut obtenir une rente maximale représentant 48% de son salaire annuel de 237 000 francs s’il reste en poste jusqu’à l’année prochaine. Il ne peut toutefois pas briguer de nouveau mandat, car il aura alors siégé douze ans au gouvernement grison, la durée maximale.

swissinfo avec les agences

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