Une loi pour la promotion civile de la paix
A côté de l'aide au développement et des missions militaires type Bérets jaunes ou Swisscoy, la Suisse s'occupe également de promotion civile de la paix dans les zones de conflit. Celle-ci devrait bientôt faire l'objet d'une loi. Histoire de lui assurer les ressources nécessaires.
«La promotion civile de la paix est une branche en pleine croissance», a dit lundi le secrétaire d’Etat Franz von Däniken, en évoquant la future loi qui en fixera les règles. En chantier dans les services du Département des affaires étrangères (DFAE), le texte devrait être soumis au Conseil fédéral au printemps 2002.
Pas trop gourmand
«Il s’agira simplement de traduire dans la loi une pratique qui existe déjà dans les faits, poursuit le secrétaire d’Etat. Mais également de nous assurer les ressources nécessaires pour planifier nos actions à long terme. Une opération comme celle de l’aide au déminage au Mozambique, par exemple, est forcément un travail de longue haleine».
Même s’il fait remarquer au passage qu’un pays comme la Norvège dépense cinq fois plus que la Suisse pour la promotion civile de la paix, Franz von Däniken ne se montre pas trop gourmand.
Pour lui, les budgets devraient être alloués pour des périodes plus longues. De 40 millions annuels, on passerait donc à 120 sur trois ans (ce qui équivaut au statu quo), voire éventuellement à 150.
Plus discrètes que celles de l’armée ou de la coopération au développement, les opérations de promotion civile de la paix n’en sont pas moins importantes sur le terrain. Pour le DFAE, il s’agit avant tout de prévention des conflits et de promotion du droit que devrait avoir chacun de vivre en paix et en sécurité.
Une nouvelle constitution
C’est ainsi que les diplomates suisses jouent depuis des années les médiateurs entre le gouvernement de la Colombie (devenu un des pays les plus dangereux du monde) et les différents groupes de guérilleros qui le combattent.
Au Sri Lanka également, des experts helvétiques travaillent avec les juristes chargés de plancher sur une nouvelle constitution pour cette île ravagée par un conflit entre une majorité dominante et une minorité séparatiste.
Autre exemple: la Conférence de l’ONU sur le commerce illicite des armes légères. Bien que non membre de l’organisation, la Suisse a été très active dans la préparation de cette réunion, qui vient d’aboutir sur la signature d’un accord entre 170 pays.
Si le texte adopté le mois dernier à New York n’est qu’un document de compromis, il a tout de même été salué comme premier pas dans un domaine crucial. Au cours de la décennie écoulée en effet, 46 des 49 guerres recensées dans le monde se sont faites à coup d’armes légères et de petit calibre, qui ont tué pas loin de quatre millions de personnes.
Sortir de l’ombre
«Nous agissons pratiquement toujours en partenariat avec d’autres Etats ou avec des organisations non-gouvernementales. Nous sommes trop petits pour lancer seuls de grands programmes», précise Franz von Däniken.
Le DFAE n’en tient pas moins à faire connaître ses actions dans ce domaine de la promotion civile de la paix. A cette fin, il vient de sortir – pour la première fois – une brochure qui explique en détail la théorie et la pratique de ce type d’engagement.
Marc-André Miserez
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