Des milliers de Polonais rendent hommage à Tadeusz Mazowiecki
(Keystone-ATS) Quelques milliers de Polonais ont rendu un dernier hommage à Tadeusz Mazowiecki, premier chef de gouvernement non communiste en Pologne et dans le bloc communiste, décédé lundi à 86 ans. Ses obsèques nationales se sont déroulées dimanche à Varsovie.
La foule s’est réunie devant la cathédrale Saint-Jean où une messe solennelle a été célébrée par l’archevêque de Varsovie, Mgr Kazimierz Nycz. Les plus hautes autorités de l’Etat, dont le président polonais Bronislaw Komorowski et le Premier ministre Donald Tusk, ont pris part à cette cérémonie à laquelle assistait le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Tous les anciens chefs de gouvernement polonais, les membres de sa famille et ses amis, étaient présents. Une journée de deuil national est observée dimanche en Pologne. La télévision publique a retransmis ces funérailles.
Après la messe, la dépouille de l’ancien chef du gouvernement a été inhumée dans le caveau familial au cimetière de Laski. Il est adjacent à un centre pour aveugles des soeurs franciscaines près de Varsovie, où reposent de nombreux intellectuels catholiques, des amis de l’ancien Premier ministre.
Premier non-communiste
Tadeusz Mazowiecki, un intellectuel profondément imprégné des valeurs chrétiennes et démocratiques, a été propulsé sur le devant de la scène internationale en août 1989, devenant le premier chef de gouvernement non communiste du bloc soviétique.
Opposant anticommuniste, il fut nommé à la tête du gouvernement après les élections du 4 juin 1989, remportées par l’opposition rassemblée autour du syndicat «Solidarnosc» (Solidarité). Ce dernier lança les transformations économiques et politiques en Pologne à la chute du régime communiste.
Massacre de musulmans
Au milieu des années 1990, en pleine guerre des Balkans, Tadeusz Mazowiecki fut également rapporteur de l’ONU pour l’ex-Yougoslavie. Dans un aveu d’impuissance, il démissionna de cette fonction après le massacre de musulmans bosniaques par les milices serbes à Srebrenica en juillet 1995. L’homme était aussi écrivain.