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2008 sera une autre année difficile pour UBS

Marco Suter (chef des finances à g) et Marcel Rohner s'attendent à vivre une période agitée.

(Keystone)

L'exercice en cours s'annonce encore problématique pour le numéro un bancaire suisse. UBS reste exposée pour 27 milliards de dollars dans le secteur du subprime aux USA.

Confirmant sa perte nette de 4,4 milliards de francs pour 2007, la banque annonce une réorganisation de sa branche banque d'investissement.

UBS a confirmé jeudi la perte nette historique essuyée en 2007, suite à la crise du subprime. Elle s'élève à 4,384 milliards de francs. L'autre grande banque helvétique, Credit Suisse, avait annoncé plus tôt dans la semaine un bénéfice net de 8,5 milliards de francs.

Sur le seul quatrième trimestre, comme prévu, la perte nette d'UBS se monte à 12,451 milliards de francs, contre un bénéfice net de 3,407 milliards à la même période de l'année précédente.

Les résultats de l'année dernière sont «inacceptables», estime Marcel Rohner, patron du numéro un bancaire suisse. Les pertes exceptionnelles sur les marchés hypothécaires américains portent ombrage aux autres unités d'affaires, qui ont enregistré une solide croissance, ajoute-t-il.

La faute à la banque d'investissement, qui a inscrit une perte avant impôt de 15,5 milliards de francs, contre un bénéfice de 5,9 milliards en 2006. A lui seul, le segment Revenu fixe, changes et matières premières (FICC) de cette division a affiché des dépréciations de valeur à cause du subprime de 13,7 milliards de dollars (15,6 milliards de francs) au 4e trimestre.

Afflux net d'argent frais

La gestion d'actifs (Asset Management) a aussi été décevante. Elle a enregistré des sorties de capitaux sur l'ensemble de l'année pour 15,7 milliards de francs, contre un afflux net d'argent frais de 37,2 millions en 2006. Rien qu'au quatrième trimestre, la division a subi des reflux d'argent de 16,2 milliards de francs.

Avec un bénéfice avant impôt de 1,3 milliard de francs, la division n'a pas non plus pleinement atteint le niveau de son bénéfice de 2006. Mais sans les coûts de la liquidation de Dillon Read Capital Management, elle aurait enregistré un exercice record.

Les activités de gestion de fortune et de banque d'affaires ont en revanche enregistré un afflux net d'argent frais de 156,3 milliards de francs en 2007, en hausse de 37% sur un an.

Les experts pas rassurés

Les problèmes de l'UBS ne sont pas encore résolus. L'UBS vivra une année 2008 difficile, estime Marcel Rohner. A fin décembre, l'exposition de la banque dans le subprime aux Etats-Unis atteignait encore 27,6 milliards de francs contre 38,7 milliards trois mois plus tôt.

L'ampleur de cette exposition ne rassure pas les experts, certains craignant qu'elle n'engendre de nouvelles dépréciations. Conséquence: une chute de l'action UBS de 8,3% à la Bourse suisse dans un marché faiblement baissier.

L'absence de prévisions concrètes pour 2008 n'a pas non plus rassuré les experts. La part de l'exposition dans le subprime a continué à reculer en janvier et en février, se contente de noter Marcel Rohner. L'afflux net d'argent évolue aussi de manière positive, selon lui.

Le patron de la banque ne cache pas cependant que si la situation continue à se détériorer sur les marchés financiers, de nouvelles suppressions d'emplois seront envisagées. Le groupe a déjà rayé 1500 emplois dans sa banque d'investissement en raison de la crise du subprime.

Restructuration et nouveau chef

UBS a commencé à restructurer son segment FICC le mois dernier et mis en place une gestion des risques plus rigoureuse. L'abandon de certaines activités de crédit aux Etats-Unis, en Europe et en Asie devrait permettre d'éviter de recourir à des actifs inscrits au bilan.

Mercredi, UBS a aussi annoncé l'arrivée du Suédois Jerker Johansson à la tête de l'unité banque d'investissement. Ancien de Morgan Stanley, il sera basé à Londres. L'ancien chef de cette unité d'affaires, Huw Jenkins, avait quitté son poste en automne après l'annonce des effets du subprime sur les comptes de la banque.

La prochaine étape pour l'UBS reste son assemblée générale extraordinaire du 27 février à Bâle. Les actionnaires devront donner leur avis sur le plan de recapitalisation de 13 milliards de francs, auquel sont associés le fonds souverain de Singapour GIC et un investisseur du Moyen-Orient.

swissinfo et les agences

En bref

Issue de la fusion en 1997 de la Société de Banque Suisse (SBS) et de l'Union de Banque Suisse, UBS est la plus grosse banque helvétique et la dixième mondiale.

En 2000, la première grande acquisition du nouveau groupe a été PaineWebber, le quatrième plus gros courtier des Etats-Unis, venu combler un vide stratégique et régional dans les affaires de gestion de fortune d'UBS.

Par contre, les acquisitions des «hedge funds» Long Term Capital Management et Dillon Read Capital Management ont tourné au désastre. Tous deux se sont effondrés sous le poids de leurs dettes.

En juillet 2007, deux mois après la chute de Dillon Read, le CEO Peter Wuffli partait abruptement, sans donner de raison claire. Et en octobre, UBS annonçait 1'500 suppressions d'emplois, y compris chez les cadres.

Fin de l'infobox
(swissinfo.ch)


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