Environ 600 manifestants contre le projet de budget à Genève
"Non, non à l'austérité". Jeudi soir, environ 600 manifestants de la fonction publique et du secteur subventionné ont crié à Genève leur opposition au projet de budget cantonal et ses coupes, jusque sous les fenêtres du Grand Conseil.
(Keystone-ATS) «La pluie et notre colère s’abattent sur le Conseil d’Etat», affichait une banderole. Mais dans les rangs, certains déploraient que «trois gouttes» aient à peine attiré davantage de participants que lors du précédent défilé en août avant même que le projet de budget ne soit dévoilé.
Après plusieurs mois de mobilisations, il a fallu recourir à des approches innovantes pour relayer la contestation. «On lève les bras pour le yoga syndical», demandait un représentant d’une des grandes centrales après avoir proposé des «vocalises» contre l’austérité.
Arrivés près du Grand Conseil, les manifestants ont choisi les huées et les sifflets pour faire entendre leur mécontentement aux députés qui siégeaient. La proposition d’une diminution de 20% de l’impôt sur la fortune votée en commission il y a quelques semaines ne passe toujours pas. Alors même que le projet de budget prévoit un déficit de plus de 546 millions de francs et un plan d’économies de près de 250 millions.
«C’est pas honteux ça?», avait demandé auparavant le président du Cartel intersyndical de la fonction publique et du secteur subventionné, Terence Wenger. «Du fric, du fric, pour le service public», ont scandé tout au long de la manifestation les participants en réponse à cette harangue.
Demande de la démission de Fontanet
Parmi eux, des enseignants mais aussi plusieurs employés des Hôpitaux universitaires genevois (HUG). «Danger, austérité d’Etat», affichaient deux d’entre eux. «On a compris que le Conseil d’Etat n’en a rien à faire des conditions de travail des soignantes et des soignants», a déploré un représentant du Syndicat des services publics (SSP). Il dénonce une attente qui augmente aux urgences et des prises en charge de patients insatisfaisantes.
Dans son projet pour 2027, le Conseil d’Etat prévoit notamment une diminution de 5% des missions d’intérêt général des HUG et de l’Institut de maintien à domicile (IMAD). Le nombre et la durée des séjours hospitaliers devraient être réduits.
Plus largement, l’annuité pour tous les fonctionnaires serait rétablie mais sans indexation. Tous devraient aussi travailler deux jours de plus en fin d’année. Certains départs ne seraient pas remplacés.
Face à cette situation, des banderoles demandaient la démission de la conseillère d’Etat Nathalie Fontanet. Une coalition de syndicats et d’autres forces progressistes prépare une grande manifestation en novembre. Une demi-journée de grève est annoncée pour le 26 novembre prochain.
Jeudi soir, des représentants d’activités du secteur privé étaient venus soutenir leurs collègues du public. Un syndicaliste d’UNIA a annoncé qu’un accord avait été approuvé mercredi soir par les maçons genevois après des mois de tensions avec les patrons pour rétablir une annexe à la Convention collective de travail (CCT).