Un petit Poucet suisse pour le pétrole angolais
A côté des géants des hydrocarbures, la société genevoise Crossoil traite chaque année 6 à 7 cargaisons de pétrole d'Angola.
La lettre confidentielle Africa Energy Intelligence, éditée à Paris et spécialisée sur le pétrole et le gaz dans le continent africain, consacrait récemment un article sur «le mystérieux cabinet Crossoil». Elle ajoutait que les experts du FMI étaient restés «en arrêt devant un cabinet qu’ils ne connaissaient pas».
Il faut ajouter à cela que la société suisse Crossoil est domiciliée au 18-20 rue Philippe Plantamour à Genève, dans le même immeuble qui abritait la tristement célèbre compagnie Elf Aquitaine International. De quoi, effectivement, attiser toutes les curiosités.
Comment une entreprise totalement inconnue pourrait-elle jouer dans la cour des grands de l’or noir qui courtisent l’Angola? «Ce pays aiment s’affranchir parfois des compagnies internationales comme Shell ou BP, qui ont les dents très longues», répond Marc Bétemps, vice-président de Crossoil.
Dans les locaux d’Elf
Pour financer certaines infrastructures, des bateaux ou des avions, l’Angola, et plus particulièrement la société d’Etat Sonangol, qui traite le pétrole local, travaille avec des petites structures.
Crossoil ne compte que quatre salariés et affiche un modeste chiffre d’affaires de deux millions de francs. «Nous ne faisons qu’acheter et vendre du pétrole angolais. Soit six à sept cargaisons par an», explique encore Marc Bétemps.
Lorsque la compagnie suisse Elf Trading International a déménagé, Crossoil a récupéré quelques pièces des anciens locaux. Cette petite société de trading a effectivement vu ses comptes auscultés par le FMI en décembre dernier. «Il n’y a rien de bien mystérieux derrière tout cela», souligne le responsable de Crossoil.
Victime d’une guerre civile sanglante depuis son indépendance en 1975, cette ancienne colonie portugaise est encore un modeste producteur de pétrole (40 millions de tonnes par an).
Mais la découverte, récemment, de plusieurs gisements géants offshore fait de ce pays africain un nouvel Eldorado, loin devant le Gabon ou le Congo.
Ian Hamel
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