Fragile stabilisation du secteur industriel dans le Jura bernois
Les entreprises du secteur secondaire du Jura bernois prévoient une stagnation du volume des affaires pour la fin de cette année. Cette projection confirme l’ouverture, durant l’été, d’une phase de stabilisation à bas niveau d’activité, constate mardi la Chambre d'économie publique Grand Chasseral (CEP) dans son baromètre industriel sur les principales tendances de l'industrie de la précision.
(Keystone-ATS) «Déduire de ces prévisions une forme de répit pour les PME industrielles suisses serait une erreur d’appréciation», relève le directeur de la CEP Patrick Linder, cité dans un communiqué. Le contexte industriel est à la fois volatil et incertain.
Le volume d’affaires reste notablement faible et alimenté par une reprise fragmentée de l’horlogerie, préservée par le swiss made, constate la CEP. Les acteurs de la microtechnique sont toujours exposés à des conditions de fonctionnement compliquées. A cela s’ajoute la force du franc qui péjore les résultats opérationnels.
Entrées de commandes
Le niveau d’activité dans le secteur secondaire, qui représente près de la moitié des emplois dans la région Grand Chasseral, devrait donc se maintenir jusqu’à la fin de l’année selon les projections issues des entreprises régionales.
Ces anticipations annoncent un fonctionnement à bas régime en dépit d’une reprise progressive du flux de production horloger, mais aussi de l’émergence rapide de besoins nouveaux, par exemple dans le secteur de la défense dans son acception la plus large.
Cette vision d’ensemble ne doit pas éclipser des situations plus compliquées dans lesquelles les entrées de commandes devraient encore diminuer dans les prochains mois, souligne la CEP. «La stabilisation esquissée reste des plus fragiles et inféodée à des facteurs externes sur lesquels les entreprises n’ont aucune prise», analyse Patrick Linder.
Au niveau de l’investissement, la plupart des entreprises estiment disposer de capacités suffisantes. Mais les grands projets ne sont pas nombreux et une forme de prudence liée aux incertitudes est affichée par les acteurs industriels.
Pour les entreprises implantées dans le Grand Chasseral, il importe d’éviter un décrochage concurrentiel par rapport aux entreprises concurrentes d’autres pays. La CEP estime qu’il s’agit de s’adapter pour maintenir l’attractivité de la Suisse comme place industrielle pour les PME dans un contexte ayant profondément changé.