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Genève lance une année du cirque total

Youri Messen-Jaschin (à droite), l’âme du projet qui va faire de Genève pour une année la capitale mondiale du cirque.

(Keystone)

Tout au long de l’année, Genève décline l’univers du cirque et ses rapports avec les autres arts de la scène. Pionnier de cette approche qui mêle acrobatie et théâtre, Dimitri souligne l’intérêt croissant pour le «nouveau cirque», une réaction à l’omniprésence des écrans.

Dans la rue ou au théâtre, le cirque déploie ses charmes tout au long de l’année à Genève, sous la bannière «Monde du cirque». Un concept inventé par Youri Messen-Jaschin dans les années 80 et qui a donné lieu à une manifestation similaire à Lausanne en 1987.

Ces premiers mois de l’année, les spectateurs pourront aborder l’univers du cirque par des expositions, des conférences, des concerts et des films, alors que cet été, les arts vivants feront leur cirque dans la rue ou sous un chapiteau.

L’approche de Youri Messen-Jaschin s’inscrit dans l’évolution qu’a connue le cirque depuis une trentaine d’année. «Le cirque contemporain apparu dès les années 70 est une pratique transversale mêlant théâtre, dance, cabaret qui a permis de renouveler le cirque traditionnel», relève l’artiste.

Dimitri le pionnier

Ce n’est pas le mime Dimitri qui dira le contraire, lui qui fut un pionnier de ce renouveau. Saluant la manifestation genevoise, l’artiste tessinois se souvient: «J’ai été un des premiers clowns venus du théâtre. Quand en 1970, le cirque Knie m’a engagé pour sa tournée, beaucoup de monde a dit que c’était une folie que de faire jouer un mime si fin dans un cirque. Mais la formule a eu un grand succès et a fait de nombreux émules.»

«En 1978, raconte Dimitri, le fameux festival de théâtre de Berlin nous a commandé une pièce sur le thème du cirque. J’ai monté Le Clown est mort, vive le clown. La pièce a connu un très gros succès et permis de faire ensuite une grande tournée.»

Pour expliquer cette évolution, Dimitri évoque à la fois l’effervescence que connaissait le monde du théâtre en ces temps de contre-culture post 68, où «de grands metteurs en scène voulaient rendre le théâtre plus populaire, moins élitaire», et l’essoufflement du cirque traditionnel concurrencé alors par deux autres arts populaires: le cinéma et la télévision.

Acrobaties communistes

Dimitri rappelle aussi le choc provoqué par la découverte en Europe de l’Ouest des cirques de l’Est.

«En Russie, comme en Chine communiste, le cirque était très important et d’un niveau plus élevé qu’en Europe. Quand ils ont pu tourner dans le reste de la planète, ils ont amené une qualité, une virtuosité qui a influencé tout le monde. Prenez l’Opéra de Pékin, on y voit des acteurs qui chantent et qui font des acrobaties jamais vues ailleurs, même au cirque», se rappelle, émerveillé, le mime tessinois.

Et Dimitri d’ajouter: «Avant, le cirque était l’un des seuls spectacles à disposition du peuple. Ensuite le cinéma et la télévision ont été une vraie concurrence. Mais aujourd’hui, nous sommes saturés d’images. D’où un regain d’intérêt pour les spectacles vivants en général et le cirque en particulier.»

Cet engouement a permis au fameux Cirque du Soleil de connaitre un succès planétaire, sans compter d’autres troupes comme le Cirque Plume ou Zingaro.

Les promesses d’un autre monde

Résultat: de plus en plus de jeunes veulent se lancer dans le monde du cirque, affirme Yvette Challande. La directrice de l’Ecole de cirque de Genève relève que «avec la crise et le manque de débouchés pour les jeunes, les parents sont moins réticents à ce que leurs enfants se lancent dans le monde du cirque».

Yvette Challande donne une autre raison à ce succès: «Beaucoup d’enfants lâchent le sport pour le cirque, un univers sans esprit de compétition entre artistes.»

Un engouement de la jeunesse que confirme Dimitri, qui dirige également l’une des quatre écoles universitaire de théâtre en Suisse, la seule consacrée au «théâtre du mouvement», selon son expression.

«Il y a un énorme intérêt des jeunes à suivre nos cours pour apprendre cette forme de théâtre total que nous développons», souligne Dimitri dont l’école propose des cours de pantomime, d’acrobatie, de dance, d’arts martiaux, d’improvisation et de commedia dell’arte.

Reste à savoir si ce renouveau porte ombrage à cette institution helvétique qu’est le cirque Knie. Dimitri est convaincu du contraire.

«C’est bien le cirque Knie, actuellement animé par la 8e génération de la famille Knie, qui a permis de maintenir la tradition du cirque en Suisse, relève le mime. Il a toujours été reconnu comme un des meilleurs cirques du monde.»

Frédéric Burnand, Genève, swissinfo.ch

Le Monde du cirque à Genève

Dans le cadre du «Monde du Cirque Genève 2010», des artistes et des cirques de 34 pays feront escale dans la Cité de Calvin pour présenter des spectacles inédits.

Le cirque et les arts de la rue envahiront des salles, des rues et des places de la ville de Genève. Plus de 180 représentations en plein air, une centaine de chapiteaux, une quinzaine d'expositions, ainsi que des spectacles de théâtre et de danse sont annoncés.

Cette initiative de l’artiste Youri Messen-Jaschin a reçu l'appui de Genève Tourisme et d'une quinzaine de communes genevoises, telles Carouge qui consacrera son 46e Printemps carougeois aux enfants de la balle. De nombreux partenaires culturels, théâtres, salles de spectacles et festivals vont s'associer à la manifestation en consacrant un événement au thème du cirque, de l'ONU au CERN en passant par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Du 29 juillet au 8 août, le cirque accompagnera les Fêtes de Genève, feu d'artifice compris. Chaque jour, un endroit sera dévolu à cet art, avec des ateliers de jonglage, de maquillage ou encore des orgues de barbarie.

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