Grève des taxis à Paris et dans les environs
(Keystone-ATS) Plusieurs centaines de taxis en grève contre la hausse de la TVA dans les transports et la concurrence des chauffeurs privés ont provoqué lundi d’importantes perturbations sur les axes routiers d’Ile-de-France. Sur ces derniers, des incidents ont été signalés.
Les chauffeurs de taxi, qui répondent à l’appel de cinq syndicats (CFDT, CGT, FO, SDCTP, CST) s’étaient donné rendez-vous lundi matin aux aéroports de Roissy-Charles de Gaulle et d’Orly où ils ont empêché les prises en charge de clients avant de converger vers les Invalides, dans le centre de Paris.
Des passagers et des chauffeurs privés ou chauffeurs de taxi non-grévistes ont fait état, via Twitter notamment, d’agressions de la part de grévistes: insultes, jets d’oeufs et de pierres, vitres, rétroviseurs cassés, pneus crevés…
«Nous dénonçons fermement les agressions dont certains de nos chauffeurs ont été victimes aujourd’hui», a déclaré dans un communiqué Yan Hascoet, PDG de Chauffeur-Privé, société de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC).
Chauffeurs choqués
«Au-delà de l’impact financier lié à la dégradation des véhicules cibles de jets d’oeufs et de pierres (parfois avec des clients), nos chauffeurs sont bien évidemment choqués par ce qu’ils ont vécu», a-t-il ajouté.
Des barrages ou des opérations-escargot ont provoqué des embouteillages sur les autoroutes A1, A6A et A106, selon la Direction des routes Ile-de-France (DiRIF). Les organisateurs de la manifestation tablaient sur un millier de taxis dans le secteur des Invalides. Plus d’une centaine de taxis ont manifesté également dans le centre de Marseille, engendrant d’importantes perturbations.
Concurrence déloyale
Les chauffeurs de taxis, soumis à une réglementation stricte et onéreuse (une «plaque» coûte en moyenne entre 50’000 et 250’000 euros), dénoncent la concurrence déloyale exercée, selon eux, par les VTC, qui bénéficient d’une législation plus souple.
Les taxis ont obtenu le mois dernier l’application d’un décret gouvernemental qui impose aux chauffeurs privés de respecter un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client.
L’Autorité de la concurrence juge que cette mesure introduit «des distorsions de concurrence injustifiées».