Indemnités chômage: une motion propose un fonds cantonal d’urgence
Le Grand Conseil vaudois s'est penché mardi sur la création d'un fonds cantonal d'urgence destiné à garantir le versement des allocations chômage même en cas de défaillance du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), comme c'est le cas depuis le début de l'année. Les députés ont refusé la prise en considération directe de cette motion, préférant la renvoyer en commission.
(Keystone-ATS) «Lorsque des personnes se voient contraintes de ne pas honorer leurs factures, leurs loyers ou leurs dettes en raison d’un retard imputable à l’Etat, ce sont des coûts en cascade qui sont générés pour les créanciers, les régies, les services sociaux – autant d’externalités négatives qu’un mécanisme de protection permettrait de limiter», selon la motionnaire, la députée de gauche radicale Mathilde Marendaz.
Son texte propose dès lors la création d’un «fonds cantonal structuré, avec des critères clairs d’activation et de remboursement», permettant au canton d’avancer de l’argent de manière autonome, sans dépendre de la Confédération, et de se charger ensuite d’obtenir le remboursement auprès des autorités de Berne. «C’est une logique de responsabilisation et de souveraineté cantonale, pas d’assistanat», souligne la motion.
Doutes de la droite
Le texte était soutenu par la gauche. Le Vert Kilian Duggan a salué une solution «utile, nécessaire et mesurée», soulignant que la problématique concernait environ 20’000 personnes dans le canton. «Nous avons le devoir d’agir», a-t-il déclaré. Le député de la gauche radicale Hadrien Buclin s’est, pour sa part, dit ouvert à un «dispositif plus léger» de types prêts Covid.
Si l’ensemble de la droite s’est montrée sensible sur le fond de la problématique, elle a émis des doutes sur la solution proposée. Le libéral-radical Philippe Miauton s’est interrogé sur le bien-fondé de créer un fond cantonal pour une situation unique, se demandant si la solution ne consistait pas plutôt à mettre la pression du côté de la Berne fédérale.
Isabelle Moret contre
De son côté, la conseillère d’Etat Isabelle Moret s’est dite opposée au texte, qui, selon elle, implique la création d’une «machine administrative supplémentaire». «Ne réinventez pas la roue du char», le système actuel d’avances fonctionne, a-t-elle insisté.
La ministre de l’économie a rappelé que les personnes dont le droit au chômage avait déjà été reconnu avant la fin décembre 2025 pouvaient obtenir une avance de la part de la Caisse cantonale de chômage, tandis que les personnes ayant déposé leur demande ultérieurement devaient s’adresser au Centre social régional.
Au moment du vote, la prise en considération immédiate de la motion, avec un renvoi direct au Conseil d’Etat, a été rejetée par 67 non, 59 oui et trois abstentions. Le texte est donc renvoyé en commission.