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Un vent contraire souffle sur le vote électronique

Franz Grüter, président du comité d'initiative (au centre), a présenté vendredi ses revendications à la presse. KEYSTONE / ANTHONY ANEX

C'est une alliance équilibrée qui a présenté vendredi à Berne une initiative populaire réclamant un moratoire sur le vote électronique. Mais la question demeure: s'agit-il d’une simple pause ou de la fin pour ce vote électronique qui constitue depuis des années une préoccupation centrale des Suisses de l'étranger?

Ce contenu a été publié le 25 janvier 2019 - 16:30

Les trois langues nationales ainsi que tous les partis gouvernementaux à l’exception du Parti démocrate-chrétien (PDC / centre-droit) étaient représentés lorsque les auteurs de l’initiative ont présenté leur projet à la presse vendredi à Berne. Pour ceux-ci, il semblait important de clarifier immédiatement une chose: «Nous ne sommes pas des opposants à la technologie rétrogrades. La plupart d’entre nous sommes issus du secteur IT».

C’est en tout cas ce qu’a assuré Franz Grüter, cheville ouvrière de l’initiative «Pour une démocratie sûre et digne de confiance (moratoire sur le vote électronique)»Lien externe. Conseiller national de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice), celui-ci est entrepreneur dans le domaine de technologies de l’information et co-présidait, jusqu’il y a peu, le groupe parlementaire des Suisses de l’étranger.

Peu de compréhension pour la Cinquième Suisse

Aujourd'hui, Franz Grüter fait preuve de peu de compréhension à l'égard de cette demande centrale et récurrente de l'Organisation des Suisses de l'étranger. «Au final, nous ne voulons pas que les Suisses de l'étranger ne puissent pas voter, dit-il, mais je considère que la confiance dans notre démocratie passe avant tout.»

«Les cyber-risques ont considérablement augmenté ces dernières années. La Suisse n'est pas prête à reconnaître ou à repousser les cyber-attaques», a-t-il poursuivi.

Les autres membres du comité d'initiative ont également souligné qu'il n'y avait aucune garantie de sécurité sur Internet. Les résultats du vote pourraient être falsifiés et manipulés. «La démocratie ne fonctionne que si les perdants acceptent aussi le résultat. Or s'il n'y a pas confiance dans les résultats, alors le fondement de la démocratie est détruit», a argumenté le conseiller national vert Balthasar Glättli.

Pause ou arrêt?

Mais que veut vraiment l’initiative? «Il s’agit d’une interdiction temporaire», précisent les promoteurs du texte. Techniquement parlant, une interdiction entrerait en vigueur dès que le peuple et les cantons l'auraient acceptée, y compris dans les cantons. Après cinq ans, l'Assemblée fédérale aurait à nouveau le dossier en main.

Mais il y a un piège. Le vote électronique ne pourrait être envisagé à nouveau que «s'il est aussi sûr et digne de confiance que le vote dans les urnes». C'est ce que le texte de l'initiative exige. Si, par conséquent, le secret du vote était garanti et s’il existait une sécurité contre la manipulation.

Mais l'espace numérique pourra-t-il un jour correspondre au mécanisme dans les bureaux de vote?  «Autant dire que ce n'est qu'une interdiction», a commenté un journaliste de manière un peu provocante.

Première réponse du comité d'initiative: «Non, il n’y a pas de tromperie. Nous ne plaçons pas la barre plus haut que pour le vote dans les urnes.» Seconde réponse: «C'est une interdiction de la technologie informatique que nous avons aujourd'hui.»

Pour mettre fin un jour au moratoire, il faudrait donc davantage que quelques nouvelles mesures de sécurité. Ce qu'il faudrait, ce sont des technologies radicalement différentes, autres que l'Internet. C'est ce qu'expriment également les initiateurs de la campagne.

La récolte de signaturesLien externe pour l’initiative devrait débuter à la fin du mois de février.

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