L’occupation de l’Université de Genève rebondit au Parlement
Le Grand Conseil a débattu vendredi de l'occupation de l'UNIGE par des militants pro-palestiniens et la position du rectorat sur le conflit à Gaza. La droite s'est inquiétée de la sécurité lors d'événements sensibles, comme la venue du conseiller fédéral Martin Pfister en novembre dernier.
(Keystone-ATS) Invité à s’exprimer sur les accords bilatéraux III, le ministre de la défense avait été pris à partie par une cinquantaine de manifestants pro-palestiniens dans un auditoire de 600 places de l’Université de Genève (UNIGE). Des policiers en tenue anti-émeute étaient apparus après une vingtaine de minutes, permettant à des policiers en civil de faire sortir les manifestants dans le calme.
Face à la «naïveté» du rectorat, le Centre a déposé une résolution invitant le Conseil d’Etat à clarifier et redéfinir la procédure d’interventions policières sur le domaine universitaire et à demander au rectorat de faire toute la lumière sur les dysfonctionnements de novembre. La proposition a été acceptée par 52 oui, 23 non et une abstention.
Autonomie en question
Pour la droite, une telle situation n’est pas acceptable. «Ces groupuscules prennent en otage des personnes venues à l’université. Nous demandons un peu plus de fermeté au rectorat», a déclaré le PLR Alexandre de Senarclens. «Nous avons le droit de manifester, mais pas n’importe où, n’importe quand et n’importe comment», a insisté Danièle Magnin, du MCG.
Minoritaire, la gauche a déploré une «réponse purement répressive et excluante», selon la Verte Ayari Félix Berltrametti. «Ce texte est une ingérence à l’autonomie de l’Univesité», a dénoncé le socialiste Léonard Ferati, critiquant «la contradiction de la droite».
Car juste avant, la droite a rejeté une résolution du PS exigeant que l’UNIGE explicite sa gestion et ses options stratégiques au sujet du conflit isrélo-palestinien et qu’elle revoie sa communication. Pour M. Ferati, la commission de l’enseignement supérieur n’a pas fait son travail en refusant d’auditionner «la communauté universitaire qui a vécu la crise de l’intérieur.»
Financement maintenu
Cette crise avait poussé le PLR à déposer une motion visant à permettre aux étudiants qui le veulent de ne pas financer automatiquement le syndicat des étudiants de l’UNIGE, la CUAE, via la taxe semestrielle. «La Conférence universitaire des associations d’étudiants prend des positions politiques. Cette dérive doit cesser», a fustigé le libéral-radical Pascal Uehlinger.
Un avis partagé par l’UDC et le MCG qui ont dénoncé l’occupation de l’Université et la publication d’un agenda contenant des slogans controversés. Sans cautionner cet activisme, Le Centre ainsi que Libertés et justice sociale n’ont pas voulu couper les fonds à la CUAE.
Il s’avère que, sur les 500 francs de taxe semestrielle, 3,50 francs sont versés au syndicat des étudiants pour sa permanence juridique et sociale et «pas pour financer des activités militantes», a expliqué le Vert Julien Nicolet-dit-Félix. «La CUAE donne des conseils aux étudiants à des prix modiques», a souligné la socialiste Sophie Demaurex.