La Chine célébrera l’année du cochon avec un film de Peppa Pig
(Keystone-ATS) La Chine marquera l’année du cochon, qui débute en février, avec un nouveau film de Peppa Pig. Le dessin animé britannique avait été accusé il y a quelques mois de subversion et des milliers d’épisodes avaient été censurés par une plate-forme chinoise.
Une liste officielle du gouvernement chinois recensant les films en préparation compte notamment un projet intitulé «Peppa Pig célèbre le Nouvel An chinois», censé sortir en février 2019 à l’occasion des vacances du Nouvel An chinois, rapporte dimanche le quotidien officiel China Daily.
Produit par Alibaba Pictures et le groupe canadien Entertainment One, le film mettra en scène les personnages traditionnels du dessin animé, dont l’héroïne est un espiègle cochon rose vif, ainsi que deux nouveaux venus, «Dumpling» et «Boulette de riz gluant», deux mets prisés de la gastronomie chinoise.
Introduit au mitan des années 2000 en Chine, «Peppa Pig» y est devenu extrêmement populaire, via des épisodes doublés en mandarin.
«Une icône pour la sous-culture»
Mais cette ferveur s’est intensifiée à la fin 2017 auprès d’un public de jeunes adultes, avec la multiplication d’internautes – dont certaines stars – arborant des tatouages éphémères «Peppa Pig» sur des photographies, tandis que s’arrachaient des objets dérivés, tasses, montres ou vêtements à l’effigie du personnage.
Le Quotidien du Peuple, porte-voix du parti communiste au pouvoir, avait en mai sonné la charge, dénonçant les effets pervers d’une «commercialisation» de Peppa, dopée ad nauseam par des vedettes d’Internet. Le Global Times avait dénoncé une «addiction» des enfants, qui en pousserait certains «à grouiner et à sauter dans les flaques».
L’innocent cochon était, selon le journal, «devenu une icône pour la sous-culture» d’une jeunesse «hostile aux valeurs mainstream, souvent peu éduquée et sans travail stable», «oisive», «aux antipodes de la jeunesse que souhaite cultiver le parti».
Peppa Pig «a pris un tour subversif» et sa popularité «virale» illustre «une soif de nouveautés et de satire susceptible de nuire au moral de la société», affirmait le Global Times.
La populaire plate-forme de vidéos partagées Douyin avait alors retiré de son catalogue au moins 30’000 épisodes du dessin animé britannique. Le mot-dièse #PeppaPig avait même été banni du site.