La Finma clôt une procédure contre Julius Bär
La Finma a clôturé une procédure de mise en conformité à l'encontre de Julius Bär, la cinquième en moins de dix ans, au sujet de la débâcle du gestionnaire de fortune dans les crédits privés accordés au groupe Signa et dans une affaire de blanchiment d'argent.
(Keystone-ATS) Parmi les nombreuses mesures correctives prononcées par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), la banque devra détenir des fonds propres supplémentaires à hauteur de 250 millions de francs, a indiqué le régulateur mardi dans un communiqué. Les distributions aux actionnaires comme les dividendes devront être approuvés par ce dernier.
La Finma a par ailleurs confisqué des gains d’environ 10 millions de francs que Julius Bär avait acquis avec les deux groupes de clients russes, qualifiés de «politiquement exposés». Le régulateur a également ouvert des procédures contre trois anciens salariés de la banque, non identifiés, «éventuellement responsables des violations des dispositions du droit de la surveillance ou de directives internes».
Le gendarme des marchés financiers a rappelé avoir ouvert en décembre 2024 une procédure de mise en conformité liée à «plusieurs crédits octroyés en faveur de différentes entités d’un groupe européen». La Finma fait référence, sans la nommer, à la débâcle des crédits privés accordés au groupe autrichien Signa, depuis en faillite.
En 2023, Julius Bär avait dû inscrire un amortissement de 606 millions de francs sur des prêts consentis à Signa de l’homme d’affaires René Benko, condamné en 2025 à de la prison en Autriche. Dans la foulée, le directeur général de la banque, Philipp Rickenbacher, avait pris la porte.
En août 2025, la Finma avait ouvert une nouvelle procédure à l’encontre du gestionnaire de fortune «sur d’éventuelles violations des règles de lutte contre le blanchiment d’argent en lien avec des clients dans l’entourage de deux personnes politiquement exposées (PPE) russes», a-t-elle rappelé dans son texte.
Objectifs financiers confirmés
Dans un communiqué séparé, Julius Bär a indiqué avoir pris des «mesures correctives étendues», notamment la sortie des activités de crédit privé, la mise en place d’un cadre révisé de gestion des risques et de conformité, le renforcement des structures de gouvernance ainsi que la constitution d’une nouvelle équipe de direction.
Selon la banque, les 250 millions de fonds propres durs (CET1) supplémentaires – contre 500 millions précédemment exigés – représentent un ratio de capitaux durs (CET1) de 9,4%. Le ratio CET1 de Julius Bär s’établissait fin juin à 18,5%.
Le groupe a également confirmé la poursuite de son cycle stratégique 2026-2028 et le maintien de ses objectifs à moyen terme. Il a également déposé auprès de la Finma une demande d’autorisation pour un programme de rachat d’actions.