La tension reste vive entre partisans et opposants de Moubarak
(Keystone-ATS) De 2 à 3 personnes ont été tuées tôt jeudi matin par des coups de feu tirés contre des manifestants hostiles au régime sur la place Tahrir du Caire, ont rapporté des témoins. Epicentre de la contestation contre Hosni Moubarak, l’endroit s’est transformé mercredi en théâtre d’affrontements meurtriers.
Des tirs en provenance du pont d’Octobre, où sont positionnés les partisans du président égyptien, ont par ailleurs fait de nombreux blessés, ont encore indiqué ces témoins.
L’Alliance des juristes égyptiens a déclaré de son côté dans un communiqué que les manifestants anti-Moubarak sur la place étaient sous le feu de leurs adversaires et que plusieurs d’entre eux avaient été tués ou blessés.
La chaîne Arabia, citant le ministre égyptien de la Santé, avait fait mercredi soir état de trois morts tandis qu’un médecin sur place a dit avoir comptabilisé 1.500 blessés environ dans le poste médical d’urgence installé sur la place.
Les pro et anti-Moubarak se sont heurtés à l’aide de pierres, de cocktails Molotov et de bâtons. Certains ont même fait usage de chameaux et de chevaux lors des affrontements, alors que le président n’entend pas fléchir face aux exigences de la rue, ni face aux pressions étrangères.
Policiers en civils
Les opposants ont affirmé que leurs agresseurs étaient des membres de la police en civil. Le ministère de l’Intérieur a réfuté ces accusations tandis que le vice-président Omar Souleimane a appelé les manifestants à rentrer chez eux, mettant l’arrêt des manifestations comme condition préalable à l’ouverture d’un dialogue.
Cet appel destiné tant aux opposants qu’aux partisans du gouvernement n’a apparemment pas été entendu.
La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a de son côté condamné les «choquants» affrontements sanglants survenus lors de la manifestation anti-gouvernementale de mercredi dans un appel téléphonique au vice-président égyptien Omar Souleiman.