Le camp rose-vert exige un arrêt des exportations de munitions
(Keystone-ATS) Des élus de gauche exigent un arrêt des exportations de matériel de guerre, réagissant ainsi aux informations selon lesquelles les rebelles libyens utilisent des munitions fabriquées par Ruag et livrées initialement au Qatar. Dans le camp bourgeois, on parle d’un cas isolé.
Comme l’a révélé mercredi soir la télévision publique alémanique, les rebelles libyens utilisent des munitions fabriquées par Ruag Ammotec à Thoune (BE). Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) avait autorisé en 2009 l’exportation de ces munitions vers le Qatar, mais celui-ci n’a apparemment pas respecté son engagement à ne pas transmettre ce matériel plus loin.
C’est pourquoi le SECO n’autorise actuellement plus de livraisons de matériel de guerre vers ce pays, a indiqué jeudi une porte-parole. Ce cas doit d’abord être éclairci.
Grande demande d’armes
Pour le conseiller national vert Jo Lang (ZG), membre de la commission de la politique de sécurité, la suspension des autorisations ne suffit pas. Il exige un arrêt immédiat des livraisons vers le Qatar, tout le Proche et Moyen-Orient ainsi que vers la région du Maghreb, a-t-il dit.
«Dans ces régions de conflits, la demande en armes et munitions est tellement forte qu’on ne peut pas savoir si le matériel de guerre ne sera pas revendu plus loin», estime M. Lang. Ce matériel peut en outre aussi être utilisé pour s’attaquer à des mouvements démocratiques.
Enquête en cours
Le SECO, refuse pour le moment de donner d’autres informations sur ses investigations.
En 2009, les entreprises suisses d’armement ont livré pour 1,85 million de francs de munitions vers le Qatar, selon les statistiques. L’année passée, les sociétés helvétiques y ont vendu pour plus de 500’000 francs d’armes légères. Le Qatar ne représente qu’une petite partie des exportations suisses de matériel militaire.