Le gouvernement portugais renonce à sa réforme des retraites
(Keystone-ATS) Le premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a renoncé à présenter de nouvelles mesures en matière de retraites jusqu’à la fin de son mandat. Jeudi, la cour constitutionnelle avait rejeté une taxe sur les pensions.
Soulignant qu’il s’agissait d’un «problème national», le chef du gouvernement de centre-droit a lancé un appel à l’opposition socialiste. Il s’est dit prêt à négocier une réforme qui serait mise en oeuvre par le vainqueur du scrutin prévu à l’automne 2015.
«Je peux vous assurer, qu’en tant que premier ministre, je ne ferai plus aucune proposition pour réformer la sécurité sociale jusqu’aux élections de 2015», a lancé M. Passos Coelho, lors d’un discours dans le sud du pays.
Equité entre générations
La cour constitutionnelle avait rejeté jeudi une taxe qui devait entrer en vigueur en 2015 et pérenniser les coupes dans les pensions de retraite déjà appliquées dans le cadre du plan d’aide international dont le Portugal a bénéficié jusqu’en mai dernier.
Cette taxe de 2% à 3,5% sur les pensions à partir de 1000 euros était censée rapporter 372 millions d’euros l’an prochain. Elle a été retoquée, car elle n’était «pas intégrée au sein d’une réforme structurelle cohérente assurant l’équité entre générations», a expliqué le tribunal.
Baisse des salaires des fonctionnaires
La plus haute instance judiciaire du pays a en revanche validé des réductions dans les salaires des fonctionnaires jusqu’à fin 2015, tout en les considérant anticonstitutionnelles à partir de 2016.
Le gouvernement pourra donc rétablir à partir de septembre la réduction de 3,5% à 10% pour les salaires des fonctionnaires à partir de 1500 euros, appliquée depuis 2011.
Cette solution, qui représentera des économies de 34 millions d’euros par mois jusqu’à la fin de l’année, viendra remplacer en partie une mesure inscrite au budget 2014 et rejetée à la fin mai par la haute cour.