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L’école de recrues attire de plus en plus de jeunes Suisses de l’étranger

De plus en plus de Suisses de l'étranger volontaires pour le service militaire
De plus en plus de Suisses de l'étranger se portent volontaires pour le service militaire. 19h30 – lundi à 19:30

Mi-janvier, 12’704 jeunes ont commencé leur école de recrues. Parmi eux, 45 jeunes Suisses de l’étranger, qui n’avaient aucune obligation militaire, et qui ont pourtant choisi de s’engager volontairement dans l’armée.

Valentin Lopez n’a presque aucun lien avec la Suisse. Il possède le passeport à croix blanche grâce à son arrière-grand-père, mais sa famille est française depuis trois générations. Toutefois, ce Haut-Savoyard de 19 ans a choisi de s’engager dans l’armée suisse.

Le syndrome de l’imposteur

«Je vois cela comme un moyen de me sentir plus suisse, parce qu’il est vrai que l’on peut se sentir illégitime: avoir cette chance d’être né suisse, mais sans vraiment vivre sur le territoire. Du coup, on sent le syndrome de l’imposteur», explique-t-il lundi dans le 19h30 de la RTS.

Valentin et une vingtaine d’autres volontaires résidant hors du pays ont été convoqués la semaine passée pour un recrutement spécial à Payerne. Les Suisses de l’étranger sont les seuls à passer leur recrutement quelques jours avant d’entrer en service, afin d’éviter des déplacements à celles et ceux qui viennent de loin.

Se reconnecter avec la Suisse

Christian Buschardt, par exemple, habite à Berlin depuis plusieurs années. Il logera dans sa famille, à Genève, le temps de son service. Il devra s’organiser pour voir sa copine, restée dans la capitale allemande.

«On va trouver des moyens. Elle viendra ici quelques week-ends, et moi je retournerai à Berlin quelques week-ends. Je ferai le sacrifice. Et puis aussi voir les amis, prendre une bière à Berlin, ça fait toujours plaisir», affirme le jeune homme de 24 ans.

Pour lui, le service militaire est une façon de se reconnecter avec la Suisse. «Il ne me reste plus qu’un semestre à faire et j’aurai terminé avec mes études. Petit à petit, on va commencer à retourner en Suisse. Après huit ans hors du pays, c’est une bonne façon pour moi de recommencer avec le service militaire», estime-t-il.

Pas d’obligation

A Payerne, ce sont les volontaires francophones qui sont convoqués. Beaucoup ont aussi la nationalité française, ce qui leur permettrait, pour l’instant, de ne faire qu’une «journée défense et citoyenneté» et être dispensé de service dans le cas où ils reviendraient en Suisse avant leurs 26 ans.

Mais pour Sébastien Albayrak, 18 ans, qui habite Strasbourg et qui souhaite s’engager en service long, la question est ailleurs: «Certains pensent que ce serait illogique de faire juste onze mois à la place d’un jour en France. Mais moi, je ne pense pas seulement à servir: surtout à m’améliorer moi-même. Je trouve que c’est gagnant-gagnant».

Une motivation qui peut surprendre ceux qui vivent en Suisse et sont astreints au service. «Moi, j’aurais préféré ne pas devoir faire l’armée. Donc, personnellement, ce n’est pas ce que j’aurais fait», souffle un jeune homme en attendant son rendez-vous médical.

Apprendre à dire «septante»

Mais Valentin Lopez n’en démord pas. Au fil des examens médicaux et sportifs, il se sent conforté dans son choix. «On se dit peut-être qu’en Suisse, ils vont penser que je suis français. Que je vais peut-être être exclu. Mais finalement, ça ne fait aucune différence», se réjouit le jeune homme, qui s’entraîne à dire «septante» plutôt que «soixante-dix ».

Chez lui, dans le village français de Valleiry, Pascale, sa maman, est ravie. Elle garde un bon souvenir de son grand-père, lui-même officier dans l’armée suisse. «Je me dis que Valentin retourne aux sources. On revient toujours à ses racines et je pense que, malgré lui, il retourne à nos racines et j’en suis fière», assure Pascale, qui a grandi à Marseille.

Elle promet d’aller rendre visite à son fils à Birmensdorf, près de Zurich, une caserne au nom difficilement prononçable, à cinq heures de train de chez elle. Valentin y a été accepté pour un service long dans l’infanterie. Il envisage de grader et, pourquoi pas, de devenir policier en Suisse par la suite.

Une hausse des volontaires

Les Suisses de l’étranger ne représentent qu’une fraction des recrues. Mais leur nombre ne cesse d’augmenter: d’une cinquantaine en 2020, l’armée compte aujourd’hui près de 90 Suisses de l’étranger qui se portent volontaires chaque année.

Suisses de l'étranger sous les drapeaux Nombre de Suisses résidant à l'étranger qui se présentent au recrutement de l'armée suisse.
Nombre de Suisses résidant à l’étranger qui se présentent au recrutement de l’armée suisse. Graphique: Michael Maccabez / RTS Source: Armée suisse

Le commandant du plus grand centre de recrutement du pays, le colonel Samuel Crettol, a, lui aussi, constaté cette hausse. «Oui, tendanciellement, il y en a de plus en plus. C’est peut-être lié à la situation internationale», estime-t-il.

Mais le recrutement est le même pour tous. «Quand ils sont chez moi, il n’y a pas de différence. La différence, c’est ce qui les fait venir ici. Ils ont une motivation extrêmement grande parce que, s’ils sont ici, c’est qu’ils le veulent», assure Samuel Crettol.

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