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Le football suisse lutte pour rester au contact de l’élite internationale

Un homme d'un certain âge en costume, sur un terrain de football, un ballon au pied
Le président du FC Zurich, Ancillo Canepa (à gauche), estime que les clubs suisses se trouvent aujourd'hui dans une situation difficile : pour accéder à la scène européenne, ils doivent désormais passer par les qualifications. Keystone / Urs Flüeler

Pour la première fois depuis 23 ans, aucun club suisse ne participe à la Ligue des champions ni à la Ligue Europa. Les espoirs se tournent vers la relève.

Seuls quatre clubs suisses, contre cinq auparavant, peuvent participer aux compétitions européennes. Ils doivent en outre franchir des obstacles de qualification plus élevés qu’autrefois.

Le président du FC Zurich, Ancillo Canepa, se remémore les soirées de Ligue des champions d’autrefois : « Je me souviens encore de l’époque où le champion de Suisse était directement qualifié pour la phase de groupes. Ou où le vainqueur de la Coupe participait au moins à l’Europa League. C’est terminé. Pour nous, en Suisse, la situation est difficile.

La Suisse semble engagée dans une spirale descendante. Plus elle recule dans le classement des nations de l’UEFA, plus les obstacles à franchir pour se qualifier aux compétitions européennes et engranger des points deviennent élevés. Et chaque non-qualification la fait encore reculer au classement.

Le directeur de la Swiss Football League, Claudius Schäfer, voit toutefois les choses différemment. S’il juge la situation insatisfaisante, il ne parle pas de spirale descendante, mais plutôt d’un mouvement de balancier : « Des pays qui nous devancent aujourd’hui étaient aussi derrière nous pendant des années. Cela peut à nouveau changer relativement vite.»

Un jeune homme barbu
Le président de la Swiss Football League, Claudius Schäfer, estime que le retard des clubs suisses est insatisfaisant, mais pas définitif. Keystone / Peter Schneider

Pour le président du FC Zurich, Ancillo Canepa, ce n’est toutefois pas un hasard si la Suisse a été dépassée par le Danemark, la Norvège ou encore la Pologne. En Suisse, les grands clubs de football manquent d’argent. Les revenus provenant des droits télévisés sont notamment trop faibles.

La concurrence dispose de plus de revenus télévisuels

Les 22 clubs suisses des deux plus hautes divisions se partagent au total quelque 21 millions de francs issus de la vente des droits télévisés. À titre de comparaison, les championnats de première division du Danemark et de la Norvège distribuent plus de 50 millions de francs, contre plus de 70 millions en Pologne.

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« Cela permet aux clubs d’investir davantage dans la composition de leur effectif et dans le recrutement de joueurs. Cela a également une incidence sur le niveau de jeu. C’est pourquoi il devient de plus en plus difficile pour nous de rester dans la course », explique Ancillo Canepa.

La Swiss Football League aimerait elle aussi distribuer davantage d’argent aux clubs. Mais les quatre langues nationales et l’absence de concurrence pour l’acquisition des droits de diffusion limitent fortement sa marge de manœuvre, explique le directeur de la ligue, Claudius Schäfer. La ligue voit également un potentiel économique dans ses propres talents :

« La Suisse a toujours été réputée pour la qualité de sa formation des jeunes. D’autres championnats sont venus observer notre modèle et s’en sont en partie inspirés. C’est pourquoi nous devons aujourd’hui procéder à une analyse approfondie : la relève suisse issue du football de formation de haut niveau est-elle toujours aussi performante qu’auparavant ? »

La Ligue fait mener une étude sur la formation des jeunes

C’est une entreprise belge, déjà active en Norvège et au Danemark, qui doit fournir des réponses à la Ligue. Elle analysera d’ici à la fin de l’année le travail de formation des jeunes en Suisse. Sur cette base, la Ligue entend tirer les enseignements nécessaires en collaboration avec l’Association suisse de football.

Un ballon de football portant l'inscription « UEFA Champions League »
Les principales compétitions européennes: si proches, et pourtant si lointaines. Keystone / EPA / Adam Vaughan

À long terme, les clubs suisses devraient ainsi pouvoir former à nouveau davantage de grands talents, réaliser d’importants revenus grâce aux transferts et renouer avec le succès dans la reine des compétitions européennes, la Ligue des champions.

À court terme, toutefois, la spirale négative ne pourra être enrayée que si Thoune et Lugano récoltent le plus de points possible en Ligue Conférence, la troisième compétition européenne. Ils pourraient ainsi empêcher la Suisse de poursuivre sa chute au classement de l’UEFA.

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