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Suisses bloqués au Moyen-Orient: «Chacun a la responsabilité de s’informer avant de voyager», rappelle le DFAE

Marianne Jenni
Pour la cheffe de la Direction consulaire Marianne Jenni, le risque d'escalade au Moyen-Orient était connu depuis plusieurs semaines. Keystone / Christian Beutler

Face aux près de 5000 Suisses bloqués au Moyen-Orient, le DFAE maintient sa position: la Confédération n'agit qu'à titre subsidiaire. Interrogée par la RTS, la cheffe de la Direction consulaire Marianne Jenni assume cette fermeté, rappelant que le risque d'escalade était connu depuis plusieurs semaines.

La loi, c’est la loi. C’est en substance le message délivré par Marianne Jenni, cheffe de la Direction consulaire du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), dans La Matinale de la RTS mercredi.

Interrogée sur la colère et le désarroi des ressortissantes et ressortissants suisses bloqués au Moyen-Orient en raison de la guerre en Iran, elle a rappelé que c’est la loi sur les Suisses de l’étrangerLien externe qui s’applique. «La Confédération n’intervient qu’à titre subsidiaire, et toute personne séjournant à l’étranger engage sa propre responsabilité», a-t-elle martelé.

>> L’interview de Marianne Jenni dans la Matinale de la RTS:

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Le nombre élevé de personnes concernées – environ 5000 Suisses selon le DFAE, principalement des touristes bloqués aux Émirats arabes unis (Dubaï, Abu Dhabi), mais aussi à Doha au Qatar, à Oman et au Koweït – ne change rien.

>> Lire aussi les témoignages de Suisses sur place recueillis par Swissinfo:

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«Je comprends absolument leur frustration. On ne sait pas combien de temps ça va durer. C’est une situation angoissante», reconnaît-elle. Avant d’ajouter: «Depuis samedi matin, on travaille vraiment d’arrache-pied pour trouver des solutions. On donne régulièrement des informations sur Travel Admin App (l’application officielle du DFAE).»

Mais malgré sa mission d’assistance aux Suisses en difficulté à l’étranger, la Direction consulaire se trouve limitée dans ses moyens. La Confédération ne dispose en effet pas d’avion dédié aux rapatriements. Et même si elle en possédait un, «l’espace aérien est totalement fermé», souligne-t-elle.

Les touristes suisses bloqués doivent se débrouiller avec les compagnies commerciales. Une première lueur d’espoir se profile toutefois: Swiss organise un premier vol spécial jeudi au départ de l’aéroport de Mascate, à Oman, à destination de Zurich.

Une fermeté qui passe mal

Cette fermeté passe mal auprès de certains touristes bloqués. Marianne Jenni rétorque que, même si les voyages vers cette région très prisée n’étaient pas formellement déconseillés, le DFAE alertait depuis plusieurs semaines sur un «risque élevé d’escalade» au Moyen-Orient. Une situation susceptible d’entraîner «des restrictions de déplacement dans toute la région». «Chaque citoyen et citoyenne a la responsabilité de s’informer avant de voyager», rappelle-t-elle.

La cheffe de la Direction consulaire du DFAE regrette en outre les annonces de pays voisins qui assurent pouvoir bientôt organiser des vols de rapatriement pour leurs ressortissants. Selon elle, il s’agit d’effets d’annonce, qui donnent aux Suisses l’impression d’être abandonnés. Rien n’est concret, rappelle-t-elle. «Notre politique de communication est d’informer uniquement lorsque nous disposons d’informations fiables et vérifiées.»

En attendant, elle déconseille vivement aux personnes bloquées de tenter de quitter la zone par voie terrestre. «Il faudrait franchir des frontières, parfois obtenir des visas.» Et une fois arrivé à destination, encore faut-il trouver un hébergement et des vols disponibles, explique-t-elle. «Cela revient à déplacer le problème ailleurs.» Elle recommande donc surtout de suivre les consignes des autorités locales.

Helpline disponible

Par ailleurs, le DFAE dispose de personnel consulaire dans toute la région, mais ses effectifs sont «limités» et ne peuvent répondre aux besoins de chacun individuellement. «En revanche, en cas d’urgence – urgence médicale, perte de passeport – une aide sera organisée», assure-t-elle. Pour les autres situations, une ligne d’assistance téléphonique est disponible.

«J’entends dire parfois que personne ne répond à la helpline», mais c’est faux, insiste-t-elle. Un message enregistré accueille les appelants, poursuit-elle. Si cela ne suffit pas, «il faut rappeler et demander un opérateur en appuyant sur la touche dédiée.»

>> Lire aussi : Que peuvent faire les milliers de Suisses bloqués au Moyen-Orient?

En cas d’urgence, la helpline du DFAE à Berne peut être contactée 24 heures sur 24 au +41 800 24 7 365 / +41 58 465 33 33 ou par e-mail helpline@eda.admin.ch

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