Les acteurs du différend au Sahara occidental ont entamé près de Genève une seconde réunion en quelques mois. Ils doivent notamment tenter jusqu'à vendredi d'établir des mesures de confiance entre le Maroc et le Front Polisario.

Autour de l'émissaire de l'ONU, l'ancien président allemand Horst Köhler, se sont retrouvés jeudi les deux principaux acteurs, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita et l'un des dirigeants saharaouis Khatri Addouh. Mais aussi les chefs de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra et mauritanienne Ismail Ould Cheikh Ahmed.

Aucune indication n'a été donnée sur le site de la rencontre contrairement à la précédente, la première en six ans, qui avait eu lieu au Palais des Nations. Pour l'émissaire de l'ONU, il faut renforcer le climat de discussion. Les participants devraient entrer dans le concret sur les composantes d'une solution durable à un conflit qui dure depuis les années 70.

Les précédents pourparlers s'étaient achevés en décembre sur un"résultat minimal" tant l'important était de réussir à convaincre toutes les parties de se réunir, avait alors expliqué à Keystone-ATS une source diplomatique.

Dans leur communiqué final, les parties reconnaissaient que la collaboration et l'intégration régionale "sont le meilleur moyen de répondre aux nombreux défis" de cette zone. Pour autant, le Maroc avait répété qu'un référendum d'autodétermination ne fait plus partie des scénarios sur la table dans la dernière résolution de l'ONU.

Discussion sur la MINURSO attendue

Selon Rabat, son initiative d'autonomie élargie lancée en 2007 reste "pragmatique" et "crédible" comme le souhaite le Conseil de sécurité. Le Front Polisario avait lui ouvertement déploré l'attitude du Maroc face à ses propositions pour établir de la confiance entre les deux parties.

Ces dernières semaines, M. Köhler a mené des consultations avec les délégations. Et récemment, le Front Polisario avait honoré sa résolution auprès de l'ONG Appel de Genève avec la destruction de l'ensemble de son stock de mines antipersonnel.

Rabat avait pris dès 1975 le contrôle de la majeure partie du Sahara occidental au départ de la puissance coloniale espagnole. Le Polisario, qui luttait contre la domination espagnole, y a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique et combattu les troupes marocaines, jusqu'à un cessez-le-feu conclu en 1991 sous l'égide de l'ONU. Alors émissaire de l'ONU, le Suisse Johannes Manz, avait ensuite démissionné pour protester contre les nouveaux critères pour le corps électoral.

Le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui garantit le cessez-le-feu, va arriver à échéance en avril. Les Etats-Unis pourraient vouloir à nouveau la prolonger pour six mois seulement contre l'avis d'autres membres du Conseil de sécurité.

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