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Les envies meurtrières de Werner Schwab

Une «comédie radicale» selon l’auteur.

(Isabelle Daccord)

L'écrivain autrichien mort en 1993, à 35 ans, est à l'affiche du Théâtre des Osses, à Fribourg.

Gisèle Sallin, directrice des lieux, a voulu faire connaître à son public ce dramaturge à la langue assassine.

Werner Schwab, Autrichien de Styrie, se sentait probablement très chrétien. Mais sa chrétienté l'énervait tellement qu'il s'en est débarrassé dans son oeuvre en habillant l'eschatologie des oripeaux de la scatologie.

Schwab est mort (suicide ou accident?) en 1993, à l'âge de 35 ans. Depuis, ses pièces n'ont pas cessé d'être montées un peu partout en Europe. Succès que l'on peut attribuer à la curiosité que suscite cet auteur désinvolte et provocateur qui n'hésite pas à entrelacer chair et merde, catholicisme et cannibalisme.

«Abysses lâchés»

Gisèle Sallin, directrice du Théâtre des Osses à Fribourg, a donc voulu faire connaître à son public Schwab. Après avoir vu à Paris «Extermination du peuple ou mon foie n'a pas de sens», pièce de l'Autrichien mise en scène par Philippe Adrien, elle a demandé à ce dernier de la recréer avec des acteurs romands.

C'est chose faite. Voici donc «Extermination...» sur la scène des Osses, avec «ses prémices cachées et ses abysses lâchés». Oui, «abysses» comme l'écrit Schwab car la pièce offre, sous son langage putride, une réflexion vertigineuse sur la société vue comme «un égout rempli jusqu'à ras bord d'hypocrisie».

«Comédie radicale», comme l'a appelée son auteur, «Extermination...» se passe dans un immeuble locatif où trois familles se côtoient. Soit trois couches différentes de la société qui se reniflent et se fuient.

L’Autriche et la «vermine»

A l'entresol, il y a Madame Ver (Chantal Trichet) et son fils Hermann (Julien Schmutz), peintre invalide. Au premier étage, Madame Pestefeu (Véronique Mermoud), grande bourgeoise, veuve et solitaire. Enfin, au deuxième, M. Kovacic (Yann Pugin), un immigré yougoslave, sa femme (Irma Riser-Zogaï) et leur deux filles (Céline Nidegger et Céline Cesa).

Ce cosmopolitisme symbolique renvoie à un métissage revendiqué mais jamais assumé par une Autriche sectaire sur laquelle l'auteur tire à vue. Ici, invalides et immigrés sont autant de vermines que Schwab élimine et que Philippe Adrien sacrifie sur l'autel de la caricature.

Dommage que le symbolisme de la scène finale, orchestrée par l'auteur comme une boucherie de l'espérance, soit sur-indiqué dans le spectacle. Fallait-il absolument en rajouter et illustrer cette scène par une autre Cène, celle-là sainte, qui, en toile de fond, glorifie le sacrifice de la chair?

swissinfo, Ghania Adamo

«Extermination du peuple ou mon foie n'a pas de sens». Fribourg, Théâtre des Osses. Jusqu'au 26 octobre. Tel: 026 466 13 14

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