Lombard Odier et Pictet ne seront plus des banques privées
(Keystone-ATS) Les banques privées Pictet et Lombard Odier changent de paradigme. Les deux groupes genevois vont s’ouvrir et modifier leurs structures de direction pour tenir compte de l’évolution de l’environnement réglementaire et de leur forte croissance, notamment à l’étranger.
Les deux groupes font évoluer leur structure faîtière, actuellement une société en commandite simple, en une société en commandite par actions (SCA) de droit suisse dès le 1er janvier 2014. Dans chaque groupe, les activités de la banque suisse et des autres filiales seront conduites dans le cadre d’une société anonyme.
Les nouvelles structures répondent à la fois à la réglementation bancaire en pleine mutation, à la nécessité de renforcer les contrôles et la transparence et à la forte croissance des activités des deux groupes, ont précisé mardi leurs dirigeants lors d’une conférence de presse.
Expansion internationale
«Les temps ont changé», a expliqué Patrick Odier. Cette nouvelle structure, issue d’une réflexion commune menée sur deux ans, a plusieurs avantages, selon les deux groupes. Un des principaux atouts est de faciliter leur développement à l’étranger.
«Le statut de société de personnes a en effet une faible acceptation auprès des autorités à l’étranger», a relevé Patrick Odier.
La société en commandite par actions permet de conserver au niveau faîtier une société de personnes, avec des associés à la fois détenteurs et dirigeants du groupe. Elle préserve l’indépendance des deux banques, le mode de détention et de transmission de l’entreprise au sein des mêmes familles depuis des lustres.
Sociétés anonymes
Par contre, les filiales, y compris la banque suisse, deviendront des sociétés anonymes. Du même coup, ces filiales ne seront plus des banques privées au 1er janvier, sous réserve d’ici là de l’agrément des autorités de surveillance. Elles quitteront l’Association des banquiers privés suisses (ABPS), a précisé Nicolas Pictet, actuel président de l’association.
Patrick Odier a souligné que les changements décidés par les deux groupes ne consistaient ni en une fusion, ni en une acquisition ou en une étape vers une cotation en bourse.