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Un projet fédérateur en faveur des droits humains

Les droits humains aussi sur les bancs des écoles marocaines

(AFP)

Berne et Rabat proposent une résolution en faveur de l'éducation et de la formation sur les droits humains. Une initiative soumise cette semaine au Conseil des droits de l'homme.

En s'associant, la Suisse et le Maroc veulent transcender les clivages Nord-Sud et stimuler un travail en profondeur en faveur des droits humains.

«Les guerres commencent dans les esprits.» Mohamed Loulichki, ambassadeur du Maroc à Genève, souligne ainsi l'importance d'enseigner les droits de l'homme aux jeunes et aux adultes, en particulier les personnes engagées dans le maintien de l'ordre ou les soldats.

«Savoir que l'on peut être poursuivi par la justice peut dissuader de commettre des violations des droits de l'homme. La population, elle, apprend qu'elle a des droits et qu'elle peut obtenir justice, en cas de violation», renchérit Muriel Berset-Kohen, membre de l'équipe en charge des droits humains à la mission suisse de Genève.

La diplomate rappelle ainsi que tous les Etats, au Nord comme au Sud, sont confrontés à des violations des droits de l'homme.

Raison pour laquelle la Suisse et le Maroc militent en faveur d'un texte incitant chaque pays à prodiguer enseignement et formation continue dans ce domaine. Un instrument qui fait défaut dans l'arsenal juridique des droits de l'homme.

«L'éducation aux droits de l'homme ne date pas d'aujourd'hui. Cette mission figure déjà dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948», précise Mohamed Loulichki.

Avant de souligner: «Mais ces exhortations à enseigner et promouvoir ces droits sont éparpillées dans une série de documents et de traités. »

Un catalogue de mesures

L'objectif de la Suisse et du Maroc est donc de synthétiser ces éléments au travers d'un instrument juridique.

«L'idée est de proposer un menu dans lequel les Etats pourront puiser pour développer et encourager la promotion des droits de l'homme», précise l'ambassadeur marocain.

De son coté, Muriel Berset-Kohen ajoute: «Un tel instrument donnera une bien meilleure visibilité à ce thème pour qu'il puisse se traduire dans les faits. Nous aimerions d'ailleurs aboutir à un texte résolument tourné vers la mise en œuvre, par chaque pays, d'un programme d'éducation et de formation».

Cette fin de semaine, le Conseil des droits de l'homme doit entériner (ou non) la première étape du projet. Il s'agit d'une résolution proposant au Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme – un groupe d'experts - de préparer un projet de déclaration.

L'ensemble du processus devrait aboutir, au plus tôt en 2010, à une déclaration. Cet instrument est non contraignant, mais politiquement très visible.

Histoire de démarrer sous les meilleurs auspices possibles, le Maroc et la Suisse espèrent faire adopter cette première résolution par consensus. Les deux pays cherchent également à réunir un maximum de co-sponsors, soit de pays qui affichant leur soutien au texte helvético-marocain.

Un projet fédérateur

Un double espoir qui a de bonne chance d'être comblé. Cette question ne stigmatise pas implicitement un pays ou une région du monde, contrairement à un thème comme la diffamation des religions qui divise sérieusement les membres du Conseil des droits de l'homme.

«Avec ce projet, nous voulons aussi montrer que la cause des droits de l'homme transcende les frontières idéologiques, économiques et culturelles », avance l'ambassadeur marocain.

Un message qui n'a rien de superflu. Nombre d'observateurs estiment en effet que le Conseil des droits de l'homme est toujours miné par les rapports de force entre les blocs régionaux. Un affrontement fatal à l'ancienne Commission des droits de l'homme et que son successeur, le Conseil, est sensé dépasser.

swissinfo, Frédéric Burnand à Genève

Extrait de la déclaration universelle des droits de l'homme

L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

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