Pour ses 80 ans, Yoko Ono s’offre une rétrospective à Francfort
(Keystone-ATS) Un musée de Francfort présente à partir de ce vendredi une rétrospective de l’oeuvre de Yoko Ono, qui fêtera lundi ses 80 ans. Les travaux de l’artiste japonaise ont souvent été éclipsés par son statut d’icône pop en tant qu’épouse, puis veuve, de John Lennon.
La Schirn Kunsthalle de Francfort a rassemblé environ 200 objets, films, installations, photographies, dessins, textes et musique pour refléter la dimension multimédia des oeuvres. Elle offre souvent la possibilité de les toucher ou d’en être partie prenante, conformément aux voeux de l’artiste.
«C’est la rétrospective la plus complète qui ait jamais été consacrée à Yoko Ono en Europe», explique le directeur du musée, Max Hollein. Et elle sera itinérante: après Francfort, où elle fermera ses portes le 12 mai, elle voyagera au Danemark, en Autriche puis au musée Guggenheim de Bilbao (Espagne).
Accent sur les années 60 et 70
Si elle retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste, l’exposition met l’accent sur les années 1960 et 70, sa période la plus novatrice. Issue d’une famille de l’élite japonaise proche de la maison impériale, ayant grandi au Japon et aux Etats-Unis, Yoko Ono entre en scène dans les milieux avant-gardistes new yorkais à la fin des années cinquante.
Très influencée par le compositeur et plasticien John Cage, elle rejoint le mouvement d’art contemporain qu’il a inspiré, Fluxus, qui cherche à intégrer le public à la création artistique pour supprimer les barrières entre l’art et la vie.
Déconstruire l’art
Dès ses débuts elle s’ingénie à déconstruire l’art tel qu’on le conçoit à l’époque dans les musées, à interpeller, à militer pour la paix et pour l’égalité des sexes, souvent par le biais de performances.
En 1964, dans «Cut Piece», elle invite ainsi le public à la dénuder sur scène en découpant ses vêtements aux ciseaux, «une performance pionnière de l’art corporel féministe, à une époque où la théorisation féministe n’existait pas encore», rappelle Ingrid Pfeiffer, la commissaire de l’exposition.