Processus de paix: John Kerry navigue entre Ramallah et Jérusalem
(Keystone-ATS) Le chef de la diplomatie américaine a rencontré vendredi le président palestinien Mahmoud Abbas à Amman pendant près de deux heures et demie et doit s’entretenir une fois de plus avec les Israéliens. Pour le quotidien «Haaretz», ces rencontres ne «mènent à rien».
M. Kerry est reparti en hélicoptère pour Jérusalem, où il devait de nouveau s’entretenir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant d’être reçu par le président israélien Shimon Peres.
Washington juge crucial de réaliser des progrès d’ici septembre, date de la session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU, où la direction palestinienne pourrait relancer ses démarches, actuellement suspendues, pour adhérer à des organisations internationales, y compris les instances judiciaires susceptibles de poursuivre Israël.
Diplomatie cul-de-sac
La presse israélienne se faisait l’écho vendredi du pessimisme ambiant. Le quotidien Haaretz souligne quant à lui que «la diplomatie de Kerry n’a pour le moment mené à rien, excepté de part et d’autre à une flexibilité limitée et destinée à sauver les apparences, à l’amadouer et à éviter d’être accusé de l’échec d’une reprise des négociations».
Dans une interview au quotidien «Maariv», le ministre du Commerce et de l’Industrie Naftali Bennett, chef du Foyer juif, un parti nationaliste religieux, héraut de la colonisation, répète qu’il ne fera «pas partie d’un gouvernement qui instaure l’Etat palestinien».
Mais, en phase avec l’opinion israélienne, il souligne «ne pas voir cela arriver» lors d’éventuelles négociations et rejette tout geste envers les Palestiniens pour favoriser une reprise des pourparlers, estimant que «les Etats-Unis aussi se rendent compte que geler la construction (dans les colonies) ne mènera nulle part».
Large méfiance israélienne
Selon un sondage publié vendredi, 56,9% des Israéliens juifs soutiennent une reprise des pourparlers, mais seuls 30,9% considèrent qu’ils permettront de conclure un accord (contre 55,4% de l’avis opposé). En outre, près de 70 % s’opposent à toute «mesure de rétablissement de confiance» avec les Palestiniens, comme la libération de prisonniers.