Théâtre du Jorat: une saison 2026 qui explore «ce qui nous lie»
Le Théâtre du Jorat à Mézières (VD) a dévoilé mardi sa saison 2026 qui court du 1er mai au 2 octobre. Intitulée "Ce qui nous lie", cette programmation réunit 18 spectacles, majoritairement issus de Suisse romande. Elle mêle théâtre, musique, humour et formes participatives avec pour fil rouge le lien à la terre.
(Keystone-ATS) Cette saison est fidèle à l’esprit du lieu, celui d’un théâtre populaire fondé en1908 au coeur d’un territoire rural. En écho au manifeste «Un théâtre à la campagne» de René Morax, le Théâtre du Jorat inaugurera avec «Un week-end à la campagne», un temps fort consacré aux liens entre art et monde agricole.
Trois événements seront ainsi à l’affiche le premier week-end de juin: «La Terre» d’Emile Zola, adapté par Anne Barbot et Agathe Peyrard, «La Révérence» , un seul en scène du jeune Valaisan Emeric Cheseaux et «Faire paysan», une lecture musicale de Blaise Hofmann et Stéphane Blok. Ces spectacles interrogent le rapport à l’agriculture, à l’héritage rural et aux mutations du monde paysan.
«Petite-fille d’un paysan de la région et fille d’éditeur, j’ai grandi entre des mondes différents: les livres, les gens et la terre. Le théâtre m’a emmené à l’étranger, j’ai vécu et travaillé à Bruxelles et Paris. Cette saison prolonge ce chemin, entre enracinement, culture et imagination», confie la directrice Ariane Moret.
Un loto spectacle
La programmation met également en dialogue patrimoine et création contemporaine. Avec l'»Histoire d’un Cid», mis en scène par Jean Bellorini, Corneille est réinventé «avec malice» au rythme des tubes de Starmania. Eric Devanthéry revisite «Henry IV» de Shakespeare, avec «humour et acuité», Thierry Romanens jouant le rôle du truculent Falstaff. Les grandes pièces du répertoire font ainsi écho à l’époque actuelle, «dans une réflexion constante sur ce qui nous rassemble et nous relie».
Plusieurs spectacles font du lien une expérience concrète en associant directement le public au dispositif scénique. Le concert interactif «A la baguette !» – création et exclusivité du Théâtre du Jorat – permettra aux spectateurs de découvrir les oeuvres de l’intérieur, voire de devenir un court instant chef d’orchestre.
Sur scène également, du théâtre participatif avec des amateurs dans «George» de Molière ou un loto-spectacle, «Carton» de la Compagnie TBK, dont les lots ne sont pas des jambons, mais des chansons improvisées, des sketchs et autres tours de passe-passe. «Autant de formes qui estompent la frontière entre la scène et la salle», glissent les organisateurs.
Du côté des Romands
Nombre d’artistes romands participeront à cette saison. Le groupe Aliose rendra hommage à Maxime Le Forestier dans un voyage singulier aux accents des années 70 et Stephan Eicher sera seul sur scène pour raconter quatre décennies de musique itinérante. Une carte blanche sera donnée à Julien Favreau, directeur depuis 2024 du Béjart Ballet Lausanne.
Joseph Gorgoni et ses complices de la Revue de Lausanne transformeront «Roméo et Juliette» en comédie musicale. Reto Zenhäusern, alias Vincent Kucholl, partagera avec humour trente ans d’observations sur l’âme humaine dans un «Spectacle de droite».
L’Ensemble vocal de Lausanne proposera «Calme et voluptés», un voyage au cœur de la musique française. Dracula sera lui affreusement malmené dans du théâtre musical signé des collectifs neuchâtelois Les Batteurs de Pavés et Les Petits Chanteurs à la Gueule de Bois.
Venus de plus loin, les quatre musiciens du Danish String Quartett bosculeront les codes du classique et réinventeront les balades traditionnelles du folklore danois. L’actrice Agnès Jaoui partagera de son côté l’univers métissé et intime de son dernier album.
Tricoter, mais ensemble
Dans le prolongement de cette dynamique, le lancement du projet «Cultures et tricotage de liens» invite également le public à prendre part à un tricot collectif afin de faire émerger, autour d’une oeuvre commune, un espace de rencontres et d’échanges. Cette action culturelle sera déployée sur trois ans.
Construit en bois en 1908 par le poète René Morax, le Théâtre du Jorat – surnommé la Grange sublime – est un théâtre d’été classé monument historique de 950 places, situé à Mézières, près de Lausanne. Entièrement rénové en 2025, il conjugue aujourd’hui patrimoine et modernité.
www.theatredujorat.ch