Une aide ciblée aux agriculteurs face à la sécheresse à Fribourg
Les députés fribourgeois ont voté partiellement une motion demandant un soutien exceptionnel à fonds perdu à l'agriculture dans le contexte de la sécheresse. Le montant de 10 millions "au moins", dont 5 issus du plan climat, ira toutefois à des aides ciblées plutôt qu'à des contributions forfaitaires.
(Keystone-ATS) Le principe du fractionnement de la motion, qui avait obtenu un caractère urgent en septembre, a été accepté mercredi par 93 voix sans opposition et 1 abstention. Le Conseil d’Etat, représenté par le ministre de l’agriculture Didier Castella, a reconnu la nécessité d’agir face aux conséquences de la sécheresse de ces derniers mois.
En réponse à la motion des députés UDC Eric Barras et Adrian Brügger, le gouvernement a soutenu l’idée d’une aide exceptionnelle à l’agriculture d’»au moins» 10 millions de francs. Mais il entend utiliser les instruments existants et privilégier des aides ciblées plutôt que des contributions forfaitaires.
Pas d’arrosoir
D’où le fractionnement et l’abandon du principe de l’arrosoir. Selon l’exécutif, «les répercussions varient d’un secteur à l’autre». Pour les céréales fourragères et panifiables, les récoltes ont été bonnes, voire très bonnes. En revanche, pour les betteraves sucrières, les rendements sont attendus en recul de 30%.
Les maraîchers, qui ne bénéficient pas de système d’irrigation, ont également subi de lourdes pertes. Aux yeux de Didier Castella, la manne publique doit être «proportionnée et viser un effet de levier». C’est pourquoi le Conseil d’Etat a proposé dans son message d’examiner trois mesures, un message bien reçu par les députés.
Plan climat
Sur les 10 millions de la motion, 5 millions viendront du plan climat de deuxième génération (PCC2) pour des mesures additionnelles d’adaptation et de soutien à l’agriculture. Cinq autres millions du PCC2 iront par ailleurs à la revitalisation des forêts et des cours d’eau, selon l’amendement du député PS Simon Zurich au décret concernant le plan voté mercredi aussi.
Et le gouvernement n’exclut pas, à ce stade, d’examiner une «aide ponctuelle non remboursable». Ensuite, il veut également agir à travers les prêts d’aide aux exploitations pour les cas de rigueur: 10 millions de francs pourraient être mis à disposition, dont la moitié serait financée par le canton et l’autre par la Confédération.
En ce qui concerne les crédits d’investissement, le canton propose encore d’examiner la possibilité d’alimenter le fonds de roulement par le biais du fonds rural cantonal à hauteur de 5 millions de francs pour 2027. La dimension «exceptionnelle» de la démarche d’ensemble a été par ailleurs relevée par plusieurs intervenants.