Une victoire probante de Caster Semenya à Doha
(Keystone-ATS) Caster Semenya voulait frapper un grand coup à Doha, théâtre du premier meeting de la saison en Ligue de diamant. La double Championne olympique y est parvenue.
La Sud-Africaine a signé le quinzième chrono de l’histoire du 800 m en 1’54»98. En lice quant à elle sur 200 m, Sarah Atcho n’a pas pu faire mieux que 23»89.
Ce 800 m dames avait une forte valeur symbolique. Disputé par les trois médaillées des Jeux de Rio, toutes trois hyperandrogènes, il s’est couru cinq jours avant l’entrée en vigueur du nouveau règlement de l’IAAF. Le Tribunal arbitral du sport a en effet rejeté mercredi le recours de Caster Semenya contre les règles obligeant les hyperandrogènes à faire baisser leur taux de testostérone sous le seuil de 5 nmol/L de sang.
Caster Semenya, qui a décidé de disputer ce meeting jeudi seulement, rêvait de battre le vieux record du monde (1’53»28 par Jarmila Kratochvilova en 1983). La lièvre Noélie Yarigo n’a pas rempli sa mission (56»66 aux 400 m), et la Sud-Africaine a livré un cavalier seul sur plus de 300 m. Elle a finalement réussi le quatrième meilleur temps de sa carrière en devançant de près de trois secondes sa dauphine Francine Niyonsaba, elle aussi hyperandrogène.
Ces deux athlètes, ainsi que Margaret Wambui (6e vendredi), devront baisser leur taux de testostérone à l’aide d’un traitement pour être éligibles sur 800 m aux Mondiaux de Doha (27 septembre-6 octobre). Mais Caster Semenya a laissé entendre vendredi qu’elle n’avait pas l’intention de subir un tel traitement. Le règlement ne s’appliquant pas pour les distances supérieures au mile, elle pourrait tenter sa chance sur 5000 m aux Mondiaux… Affaire à suivre.
«Il s’agit d’inspirer le monde. C’est plus qu’un jeu, plus que du sport. Il s’agit de dignité humaine, de fierté humaine. Les gens me combattent, je ne les combats pas», a déclaré Caster Semenya. «La course a été fantastique et j’ai fait ce que j’avais à faire. Je suis vraiment heureuse. Je pense que je suis dans ce monde pour une raison, nous vivons une vie ennuyeuse, on doit donc profiter de chaque instant de notre vie», a ajouté la triple Championne du monde.
Asher-Smith en 22»26
Sept autres meilleures performances mondiales de l’année ont été réalisées dans ce premier meeting d’importance de la saison, sous les yeux du président de l’IAAF Sebastian Coe. L’Américaine Dalilah Muhammad a frappé fort dès la première course, survolant les débats sur 400 m haies en 53»61. Pour mémoire, la championne d’Europe Lea Sprunger – dont les débuts en Ligue de diamant sont prévus à Rome le 6 juin – n’a jamais fait mieux que 54»29…
Le Suédois Daniel Stahl (70m56 au disque), le Botswanais Nigel Amos (1’44»29 sur 800 m), le Marocain Soufiane El Bakkali (8’07»22 sur 3000 m), le Kényan Elijah Motonei Manangoi (3’32»21 sur 1500 m), sa compatriote Hellen Obiri (8’25»60 sur 3000 m) et la Britannique Dina Asher-Smith (22»26 sur 200 m) ont eux aussi signé une meilleure performance 2019. Dina Asher-Smith a survolé les débats dans une course pourtant marquée par un faux départ.
Sarah Atcho n’a pas pu éviter la huitième et dernière place de cette course, sa première en Ligue de diamant en dehors du territoire helvétique. La Vaudoise, qui s’entraîne depuis peu à St-Gall sous la férule de Christian Gutgsell, est restée à plus d’une seconde de son meilleur temps sur la distance (22»80 l’été dernier à La Chaux-de-Fonds).