Visite historique à Belgrade reportée à cause d’un match de foot
(Keystone-ATS) Les gouvernements serbe et albanais ont indiqué dimanche avoir maintenu la visite du Premier ministre Edi Rama à Belgrade, la première d’un chef de gouvernement albanais en 68 ans, mais ont décidé de la reporter de trois semaines. Motif: ne pas réveiller les démons après les incidents du récent match de football entre la Serbie et l’Albanie.
Le chef du gouvernement albanais et son homologue serbe, Aleksandar Vucic, se sont entretenus dimanche par téléphone et ont convenu que cette visite aurait lieu le 10 novembre, et pas le 22 octobre comme il était initialement prévu, ont indiqué les deux gouvernements.
Minutieusement préparée, cette visite risquait d’être compromise par l’incident survenu mardi dernier lors du match qualificatif pour l’Euro de football entre la Serbie et l’Albanie, disputé à Belgrade.
L’UEFA se prononce jeudi
Un drone auquel était accroché un drapeau avec la carte de la «Grande Albanie» a alors survolé le stade, provoquant des débordements sur la pelouse puis une crise politique entre les deux Etats, qui entretiennent déjà des relations très délicates.
L’arrêt du match a viré à la crise, Belgrade et Tirana se renvoyant la balle et exigeant chacun «une condamnation» de l’incident. Au lendemain de ce match, l’UEFA a annoncé l’ouverture de procédures disciplinaires contre les fédérations de football des deux pays. L’instance disciplinaire de l’UEFA examinera le cas jeudi.
Magasins attaqués
La Serbie est visée pour jet de fumigènes et projectiles, problème de gestion de spectateurs, envahissement du terrain par des supporters, organisation déficiente et usage de lasers. L’Albanie est visée pour refus de jouer et déploiement d’un drapeau illicite.
En Serbie, après le match incriminé, des hooligans se sont attaqués à plusieurs commerces tenus par des Albanais, notamment à Novi Sad, dans le nord. Une boulangerie a été incendiée par un cocktail Molotov et des vitrines ont été cassées par des jets de pierres.