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L’inquiétude des victimes américaines de Sulzer

Une prothèse de hanches produite par Sulzer. Keystone Archive

Aux Etats-Unis, l'éviction du PDG de la filiale américaine de Sulzer Medica par la maison-mère suscite des réactions mitigées. Surtout du côté des victimes. Sulzer Orthopedics laisse, en effet, entendre qu'elle n'a pas les moyens d'assurer complètement la responsabilité financière des prothèses de hanche et de genou défectueuses.

Un ancien patron, Gary Sabins, s’en va, immédiatement remplacé par un nouveau, David Floyd, qui était jusqu’à présent vice-président des services commerciaux aux Etats-Unis.

A Austin, siège de Sulzer Orthopedics, le porte-parole Jim Johnson dément que le départ de Gary Sabins soit une éviction. «A ma connaissance, il s’agit d’une démission», affirme le porte-parole de la filiale américaine de Sulzer.

Démission ou éviction, quel que soit le cas de figure, l’évènement ne dit rien qui vaille aux victimes. «Nous sommes préoccupés par ces changements de personnel car nous redoutons que certaines personnes échappent à leurs responsabilités», a déclaré à swissinfo l’avocat David Riggs qui représente des patients ayant reçu la prothèse de genou.

David Riggs s’inquiète, par ailleurs, de la séparation de la société holding de Sulzer avec Sulzer Medica qui doit intervenir mardi en Suisse.

Curieusement, le cabinet d’avocats Lieff-Cabraser, qui représente une centaine de victimes de la prothèse de hanche aux Etats-Unis, se refuse à tout commentaire sur les manœuvres en cours chez Sulzer.

Interrogé par swissinfo, Steve Tindall, porte-parole de ce cabinet, s’abstient en effet de répondre à toutes les questions, y compris celles portant sur l’éventualité d’une stratégie du groupe visant à diluer ses responsabilités.

Cette attitude, très inhabituelle pour un cabinet américain, pourrait suggérer que Lieff-Cabraser négocie avec Sulzer les termes d’un accord à l’amiable. Interrogé sur ce point, Steve Tindall oppose à nouveau un «no comment».

Il est possible que devant l’imbroglio juridique inhérent à tout procès contre une multinationale et face à la situation tragique dans laquelle se trouvent parfois les plaignants, des avocats soient tentés de passer des accords d’indemnisation avec Sulzer.

D’autant que, tout comme sa maison-mère, la filiale américaine du groupe laisse entendre qu’elle n’a pas les reins assez solides pour payer des réparations aux quelques 2200 victimes qui sont connues pour le moment.

«Notre capacité à faire face à nos responsabilités financières va dépendre en particulier du nombre de procès et de la façon dont ils sont résolus, soit par la voie des tribunaux, soit par la voie d’accords négociés», précise Jim Johnson, le porte-parole de Sulzer Orthopedics.

Marie-Christine Bonzom, Washington

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