La Suisse rame plutôt bien
Les championnats du monde d'aviron se déroulent jusqu'au dimanche 26 août sur le Rotsee à Lucerne. La Suisse nourrit de réelles chances de médailles. Notamment avec le champion olympique d'Atlanta et vice-champion olympique de Sydney, Xeno Müller.
La ville de Lucerne est fière d’avoir obtenu la responsabilité d’organiser les championnats du monde d’aviron. Il faut dire qu’avec le Rotsee, Lucerne possède probablement le meilleur plan d’eau du monde pour pratiquer l’aviron.
A l’abri des vents latéraux
En effet, «le Rotsee est un bassin naturel, explique Urs Kauffmann, chef du département sport des championnats du monde d’aviron et ancien champion de Suisse d’aviron. Et surtout, c’est un des rares plans d’eau abrités de tous vents latéraux que les rameurs redoutent et détestent.»
1000 athlètes représentant 49 pays participent à ces Mondiaux d’aviron. Selon Urs Kauffmann, la Suisse figure parmi les dix meilleures nations. Pour premières preuves: les deux skiffs de Xeno Müller (2e aux mondiaux de 1994, 98 et 99) et Pia Vogel (championne du monde en 1998 et 99) se sont déjà qualifiés en demi-finale et finale de leur catégorie.
A 29 ans, Xeno Müller est décrit comme un individualiste. Ce garçon s’est fait tout seul. Il ne doit rien à personne. Sa préparation, il l’effectue sur ses engins, dans son garage. Il ne voit son entraîneur que tous les deux mois. Car il sait ce qu’il vaut et où il va.
«Chez les hommes comme chez les femmes, poursuit Urs Kauffmann, on espère aussi que le double skull poids léger et le double skull poids lourd parviennent en finale».
La crème des rameurs de la planète
Sur les 8000 athlètes que compte la Fédération suisse des sociétés d’aviron, les 15 sélectionnés helvétiques forment une équipe de Suisse d’un très haut niveau. «Cela est dû à des athlètes particulièrement doués et dévoués, explique Urs Kauffmann. Ainsi qu’au travail efficace des entraîneurs».
En aviron, les nations les plus fortes sont certainement l’Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, l’Italie, les Etats-Unis et l’Australie.
Dans ces mondiaux, les athlètes concourent dans 24 catégories différentes, dont 16 sont reconnues comme disciplines olympiques. Ces rameurs sont soumis à des éliminatoires, parfois à des repêchages. Puis, les meilleurs disputent les demi-finales et les finales.
«Comme ces joutes rassemblent la crème des rameurs de la planète, commente Urs Kauffmann, c’est en général la forme du jour qui décidera du vainqueur. A l’exception, peut-être, du double skull des Allemandes qui semble intouchable».
Sport écologique mais peu médiatique
«L’aviron est un sport d’endurance et ne provoque pas de blessure. Et surtout, il est écologique et fair-play», affirme Urs Kauffmann. Il devrait donc plaire et intéresser. Or, il demeure peu médiatisé, même s’il fut introduit dès les premières olympiades et que l’effectif des rameurs croit en Suisse de 5% par année.
Toujours est-il que Lucerne attend quelque 30 000 spectateurs sur les berges du Rotsee, samedi et dimanche prochains, pour les deux dernières journées consacrées aux finales de ces championnats du monde d’aviron.
swissinfo
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