BNS: lier le franc à l’euro fait partie des mesures envisageables
(Keystone-ATS) La Banque nationale suisse (BNS) n’exclut aucune action pour contrer la vigueur du franc. Y compris un arrimage à l’euro, même si «ce n’est certainement pas la mesure la plus facile à mettre en oeuvre, ni sur le plan politique, ni sur le plan légal», estime Jean-Pierre Danthine.
«Nous avons un mandat légal de mener une politique monétaire indépendante», ajoute le membre de la direction générale de la BNS dans une interview parue jeudi dans «Le Temps». Questionné sur ce que l’institut d’émission pourrait encore faire pour renforcer son action, il répond que «la situation est extrêmement complexe et difficile».
«Rien n’est exclu», note-t-il. Un discours prolongé par le vice-président de la BNS, Thomas Jordan. A propos d’un arrimage à l’euro, ce dernier explique qu’il «peut se représenter un lien temporaire avec la monnaie unique européenne, aussi longtemps que la mesure est compatible avec la stabilité des prix à long terme».
Mais l’idée d’établir un lien permanent entre les deux monnaies n’est pas compatible avec le mandat de la BNS, avertit Thomas Jordan dans une interview au «Tages-Anzeiger» et au «Bund». Au-delà, les deux banquiers centraux se montrent prudents. «Il n’y a pas de baguette magique», image Jean-Pierre Danthine.
Situation dramatique
La politique monétaire engagée par la BNS ne déploie actuellement pas encore d’effets visibles. L’euro demeure à des niveaux historiquement élevés, à près de 1,05 franc jeudi matin, après son record à 1,007 franc inscrit mardi soir. Tout comme le dollar, à 73 centimes et des poussières, après un record à 70,69 centimes.
Si le franc fort arrange le touriste visitant un pays de la zone euro, il pénalise lourdement les exportateurs. Une situation que Thomas Jordan n’hésite pas à qualifier de «dramatique». L’affaiblissement de la conjoncture mondiale conjuguée à la valorisation du franc fait donc planer des risques majeurs sur l’économie suisse.