CO de St-Maurice: un appel à manifester fait un gros bide
L'actuelle contestation lycéenne française pousse certaines personnes, vraisemblablement des élèves, à vouloir étendre le mouvement en Valais. Les élèves des cycles d'orientation du Chablais ont été appelés à manifester, mardi à St-Maurice. Personne ne s'est toutefois mobilisé. Le Canton évoque un "canular".
(Keystone-ATS) La police cantonale a pris cet appel très au sérieux. Une patrouille était présente à St-Maurice, tout comme un représentant de la police municipale de Monthey, en charge du secteur. Au final, un début de journée des plus classiques au cycle d’orientation agaunois, a pu constater Keystone-ATS.
L’appel était adressé aux élèves des CO de Collombey-Muraz, Monthey, Troistorrents, St-Maurice et Vouvry. Ceux-ci étaient conviés à se regrouper à St-Maurice afin de manifester contre les conditions scolaires et les transports, mais aussi afin de bénéficier d’un cadre clair pour l’IA à l’école. Ces arguments n’ont toutefois pas fait mouche.
Elèves et parents inquiets
Avant mardi matin, «nous avons reçu plusieurs appels de parents que nous avons rassurés», explique le directeur du cycle d’orientation de St-Maurice, Alain Grandjean. «Nos enseignants ont également répondu aux questions d’élèves, (ndlr: qui, pour certains, se sont sentis déstabilisés).» Et de rappeler que les élèves st-mauriards bénéficient de structures modernes, loin des réalités de certains lycées français.
Samedi dernier, la police cantonale valaisanne avait lancé des messages préventions à l’intention des parents et des élèves. Dans le canton, des appels à manifester ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux dès le milieu de la semaine dernière. Les élèves des CO ont également été incités à bloquer les établissements scolaires de Conthey, Fully, Leytron et Sion (St-Guérin). Sans résultat tangible.
Sanctions possibles
Pour le chef du service de l’enseignement, Jean-Philippe Lonfat, il s’agit de «canulars de quelques élèves. Au niveau scolaire, ceux-ci s’exposent à des sanctions allant de l’avertissement à l’exclusion. De plus, dès lors qu’un message appelle à une émeute ou à des actes de violence, son auteur s’expose à des sanctions pénales.»
«Les violences, menaces ou dommages à la propriété peuvent constituer des infractions pénales», confirme la police cantonale. «Le fait de relayer des messages incitant à commettre un délit impliquant des actes de violence peut également faire l’objet de poursuites.»
Plusieurs enquêtes en cours
«Plusieurs enquêtes ont déjà été lancées par la police cantonale, sous l’autorité du Tribunal des mineurs, concernant des messages diffusés sur les réseaux sociaux», a-t-elle confirmé mardi matin à Keystone-ATS.
Exprimer une opinion, soutenir une cause ou appeler à une mobilisation n’entraîne cependant pas automatiquement de conséquences pénales. «Ce sont les actes effectivement commis et les circonstances concrètes qui doivent être considérés», conclut la police cantonale.