Cinéastes et producteurs suisses se faufilent au Festival de Cannes
En avant-première mondiale, le Franco-suisse Jean-Luc Godard présente «Histoire du XXème siècle». L’Italo-suisse Silvio Soldini projette «Pane e tulipani». Et les Lausannois de CAB co-produisent un film en compétition.
La 53e édition du Festival de Cannes propose 600 productions cinématographiques. La sélection officielle réunit 78 longs et courts métrages. Et, en ouverture de cette grande fête du cinéma mondial, la vision du siècle écoulé, sur quinze minutes, du génial septuagénaire Jean-Luc Godard.
Son essai cinématographique mêle extraits de films et images d’archives. Au travers de la griffe «couper-copier-coller» de l’artiste, l’œuvre esquisse un sens, effleure un ressenti, suggère une réflexion. Malgré la foule d’informations visuelles et sonores qui défilent sur la pellicule.
Sûr que l’homme au cigare aura plus que jamais lu le XXe siècle à reculons. Conçu sur le même principe que ses «Histoires du cinéma», son approche procède par associations libres, juxtapositions et métaphores. Et pour éclairer le spectateur, citons le maître: «Les uns pensent, les autres agissent, mais la vraie condition humaine est de penser avec ses mains.»
Autre style avec Silvio Soldini qui, lui, présente «Pain et tulipes» dans la quinzaine des réalisateurs, l’une des manifestations parallèles au concours cannois. Le cinéaste Helvético-lombard s’affirme comme l’un des grands espoirs du cinéma transalpin. En trois films et 40 ans d’existence. Sa dernière toile vient de remporter neuf «David di Donatello» (l’équivalent en Italie des Césars français). Dont les prix du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Cerise sur le gâteau: l’acteur zurichois Bruno Ganz – qui joue justement dans le film de Soldini – s’est vu décerner le prix d’interprétation masculine, à Rome, en campant l’étrange serveur d’un restaurant de Venise.
Mais les producteurs suisses sont, eux aussi, de la partie cette année à Cannes. A l’exemple de la société lausannoise CAB Production qui co-finance «Les destinées sentimentales» d’Olivier Assayas, un film en compétition officielle.
Outre l’opportunité d’un co-financement international, Gérard Druey et Jean-Louis Porchet de CAB sont tombés sous le charme de la personnalité d’Olivier Assayas. Dans leur choix, le fait que l’histoire du film se déroule sur le lac de Brienz, en Suisse, a joué un rôle prépondérant. Comme ce fut le cas lors de leur dernière production de «Merci pour le chocolat», tourné par Claude Chabrol dans la région vaudoise.
Enfin, relevons que «Les destinées sentimentales» ont permis aux associés de CAB Production d’engager des comédiens et des techniciens suisses sur le tournage.
Emmanuel Manzi
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