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Le canton hôte d’honneur: le Jura, loin des clichés

Dans les comptoirs, fêtes et parades de toutes sortes, la coutume veut en Suisse qu'on réserve une place d'honneur à l'un des 23 cantons. Cette année, c'est au Jura que les organisateurs du Salon ont envoyé leur carton d'invitation.

Ce canton, pas plus que les autres, ne se laisse conter en deux ou trois paragraphes. D’autant plus que les clichés ont la vie tenace. Des Franches Montagnes paradis du cheval à l’Ajoie gourmande de cochonnailles, en passant par l’industrieuse Delémont enfin promue au rôle de capitale cantonale, il serait très facile de succomber aux clichés. Ce dont les visiteurs du Salon se méfient. Avec raison.

Ce qu’il est vraiment, le Jura pourra le dire et le faire peut-être découvrir cette semaine par le biais de ses écrivains et de ses poètes. Ce sont eux, tel Alexandre Voisard et son «Ode au pays qui ne veut pas mourir», sans doute plus et mieux que les politiciens, qui ont cultivé dans l’âme jurassienne l’esprit de lutte et de reconquête, de rêve et d’utopie. Bien avant la naissance de ce canton le 1er janvier 1979, une journaliste zurichoise disait de cette génération de poètes engagés qu’ils avaient su «convertir la solidarité de la glèbe en revendication politique».

Le Jura, c’est aussi un inépuisable terreau de recherche pour les historiens. Sans remonter jusqu’aux Rauraciens vaincus par Jules César, et encore moins jusqu’aux hommes du Neandertal qui semble-t-il vivaient par là 400 siècles plus tôt, il y a tout de même de quoi se passionner pour l’interminable histoire de la principauté jurassienne gouvernée par des évêques nommés à vie par leurs chanoines. Des princes-évêques qui, du côté de Porrentruy, menaient une vraie vie de château quand ils ne courraient pas leur territoire.

S’ils revenaient aujourd’hui et s’il leur prenait envie de refaire les mêmes itinéraires, le goût du pouvoir en moins et la quête intérieure en plus, ils n’auraient qu’à suivre la «Route des Vitraux». Depuis le début des années cinquante, bon nombre de paroisses de l’ancienne principauté jurassienne se sont en effet lancées dans une sorte de course éperdue vers les tableaux de verre et de couleur. Elles ont fait appel à des artistes du terroir, de Suisse et d’ailleurs, pour redonner chaleur et lumière à leurs temples et à leurs églises. Peu importe que l’on veuille aller ou non vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Le Jura est là, qui offre, à pas rapprochés, les sentiers d’une véritable aventure spirituelle. C’est cela, aussi, comme dit son slogan retenu pour le Salon, avoir «un cœur de vingt ans».

Bernard Weissbrodt

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