Les députés s’engagent en faveur de la deuxième langue nationale
Le Conseil national donne la priorité à l'enseignement d'une deuxième langue nationale plutôt qu'à l'anglais. Jeudi à Lugano, il a accepté une proposition allant dans ce sens, malgré l'opposition des partisans de l'autonomie cantonale.
Par 72 voix contre 67, le plénum a approuvé une initiative parlementaire de Didier Barberat (PS/NE) qui demande qu’un nouvel alinéa soit ajouté à l’article 70 de la Constitution fédérale.
Cet alinéa stipule que «les cantons veillent à ce que la deuxième langue enseignée, après la langue officielle du canton ou de la région concernée, soit une des langues officielles de la Confédération».
Les partisans de cette proposition ont surtout insisté sur le fait que la connaissance d’une deuxième langue nationale est importante pour assurer la cohésion nationale. En revanche, «il ne s’agit pas d’une attaque contre l’anglais», comme le précise Didier Barberat.
Les adversaires de l’initiative, emmenés par les libéraux, ont surtout insisté sur la défense de l’autonomie cantonale en matière d’enseignement. Ce n’est pas le rôle de la Confédération d’imposer ses vues dans ce domaine, souligne notamment Serge Beck (Lib/VD).
Pour certains députés, l’initiative n’a pas été sans provoquer quelques déchirements. Ainsi, Hubert Lauper (PDC/FR), qui représente pourtant un canton bilingue où la connaissance de la seconde langue nationale constitue la carte de visite de la promotion économique, s’est abstenu. Entre cohésion nationale et autonomie cantonale, le dilemme était cornélien.
Mais finalement, une majorité des députés ont choisi de privilégier la cohésion nationale. Le Conseil fédéral est désormais contraint de préparer un projet à l’attention du Parlement.
Cette question de l’enseignement des langues est d’actualité depuis quelques mois en Suisse. Zurich, puis plusieurs autres cantons alémaniques à sa suite, avaient en effet choisi d’enseigner l’anglais avant une deuxième langue nationale, ce qui n’avait pas été sans susciter des polémiques.
La Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) s’est même saisie de la question. En novembre 2000, les représentants des gouvernements cantonaux n’avaient toutefois pas réussi à se mettre d’accord sur la première langue à enseigner.
Du coup, la CDIP avait engagé une consultation nationale. Elle avait alors annoncé son intention d’arriver à une décision lors de l’assemblée plénière de juin prochain.
Olivier Pauchard, Lugano
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