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Nid de coucous brésilien à Locarno

Il difficile persorso del giovane Neto

En ouverture de la compétition officielle du festival, le public a pu découvrir «Bicho de 7 cabeças», de la jeune cinéaste brésilienne Lais Bodanzky. Avec, à la production, un certain Marco Müller.

Neto est un adolescent de Sao Paolo, sympathique et rêveur, qui, comme tous les adolescents du monde, ne s’est pas encore tout à fait défini. Il zone un peu, écoute du rock, touche à la délinquance light en fumant un peu d’herbe et en taguant quelques murs. Première expérience du commissariat.

Sa vie va basculer le jour où son père découvre un joint, tombé de la poche de son fils. Affolé, convaincu que son rejeton finira toxicomane et voyou, il le fait interner dans un hôpital psychiatrique. Dégringolade sans fin: là, les médecins sont plus soucieux de garder leurs patients – et les subsides qui vont avec – que de s’intéresser à un ado qui n’a rien à faire là. Piqûres puis électrochocs répondent à sa pauvre rébellion.

Innocence et lucidité perdues dans l’enfer de l’asile, on ne peut s’empêcher parfois de penser au «Vol au-dessus d’un nid de coucous» de Forman. Sauf qu’en l’occurrence, Neto n’a pas l’âme d’un meneur.

«Bicho de 7 cabeças» a été adapté d’un roman paru à la fin des années 70, «Canto dos Malditos», de Austregésilo Carrano Bueno, qui y racontait son expérience personnelle. Alors que ce récit portait essentiellement sur l’univers psychiatrique, son adaptation cinématographique accorde également beaucoup de poids à la relation qui (dés)unit Neto et son père: une incompréhension générationnelle qui va jusqu’à la trahison.

Succès brésilien

Au Brésil, où les asiles psychiatriques créés pendant la période de la dictature fonctionnent, semble-t-il, encore à plein rendement, le film fait un tabac. Primé dans différents festivals, il a déjà drainé plus de 200 000 spectateurs.

«On ne pouvait pas penser que cela marcherait comme ça. D’habitude, le public brésilien ne s’intéresse qu’aux comédies. Mais notre utopie a été, malgré cela, de vouloir trouver un public. Raconter une histoire dure, mais qui puisse toucher les Brésiliens. On a même consulté des gens de la rue et modifié le scénario selon leurs réactions. Maintenant, même ceux des banlieues vont voir le film. Parce qu’ils s’y retrouvent», s’enthousiasme le scénariste Luiz Bolognesi, heureux également que ce long-métrage formaté «Brazil» soit parvenu à bien passer auprès du public de Locarno.

Le miracle Müller

«Bicho de 7 cabeças» a été produit par Fabrica Cinema, la maison de production créée en Italie par Marco Müller, ancien directeur du festival. «Cela a été magique», constate Luiz Bolognesi. «Nous ne parvenions pas à obtenir d’argent pour ce film, malgré quatre ans de travail. Alors nous étions prêts à le tourner en vidéo numérique. Puis Marco Müller est passé au Brésil, il a lu plusieurs scénarios, et choisi celui-ci. Il nous a dit: «ça va, si je vous apporte l’argent qui vous manque encore? C’était incroyable.»

Nous avons fini le film à Cinecitta, et Marco nous a apporté beaucoup de commentaires, mais en nous laissant notre liberté et en nous poussant à faire un film brésilien pour le public brésilien. Venant d’un producteur européen, c’est remarquable».

Bernard Léchot

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